7 femmes sur 10 sont victimes de violence

Réalisée récemment par l’Association «Initiatives pour la protection des droits des femmes» (IPDF), cette enquête, la première du genre, a pour objectif de lever les tabous et de démystifier les préjugés sur ce phénomène. Dirigée par le professeur Amina Magdoud, d’université Sidi Mohammed ben Abdallah, responsable en communication et recherches auprès de l’IPDF, l’enquête a concerné un échantillon de 995 femmes âgées de 20 à 70 ans, de différentes conditions sociales et qui ont subi au moins ou tout à la fois des violences psychologiques (66,4 %), physiques (49,5 %), sexuelles (26,7 %) et matérielles (16,7%).
Ce travail, élaboré sur la base de sondages menés par une équipe composée d’une statisticienne, d’une sociologue et d’une avocate, a pour ambition de contribuer à la réflexion sur l’évolution de la condition de la femme au Maroc et de pallier les insuffisances en fournissant des chiffres et des analyses sur la problématique. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, Mme Amina Magdoud a donné les résultats préliminaires de l’enquête pour cerner le profil des femmes enquêtées et de leurs conjoints et débattre des causes qui engendrent ce type de violence.
L’enquête a démontré que les femmes entre 20 et 40 ans représentent 63,9 % de celles qui ont subi le plus de violence. On remarque, estime l’enquêtrice, que plus l’âge au premier mariage est précoce, plus la situation de violence augmente. S’agissant de l’état matrimonial des victimes, l’enquête a montré que 84,2 % sont mariées, 9,4 % sont veuves et 6,3 divorcées. En revanche, les femmes divorcées ou séparées qui ont subi des violences de la part leurs conjoints représentent 9 femmes sur 10.
Concernant le niveau d’instruction, les résultats témoignent du fait que la violence touche l’ensemble de la hiérarchie sociale : 5 femmes sur 10 n’ont aucun niveau d’instruction et 40,3 % ont un niveau d’instruction supérieur.
Se penchant ainsi sur la réaction de ces femmes face au comportement violent, elle précise que ces dernières occultent le phénomène (75,2 %) car il s’agit d’un bafouement des droits et une atteinte à la dignité.

• Schahrazade Alaoui (Map)

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