Affaire Achraf : le calvaire d’une mère

Affaire Achraf : le calvaire d’une mère

ALM : La Cour d’appel de Casablanca a prononcé son verdict lundi 29 mai en condamnant Smithkline Beecham Maroc à payer 3 millions DH de dommages et intérêts à Achraf. Etes-vous satisfaite de cette sentence ?
Hasnaâ Diwane : Bien évidemment que je suis heureuse et satisfaite de la décision de la Cour. La justice nous a rétablis dans notre droit. La condamnation du laboratoire est une victoire pour les droits de mon enfant. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai pleuré. L’émotion était forte et toutefois, il ne s’agit là que d’une indemnité matérielle. Et sur le plan moral ? Qui nous rendra la joie d’autrefois? Mon fils a souffert énormément pendant six ans et continue d’endurer des douleurs physiques considérables. Son père et moi avons également souffert des douleurs indicibles dans notre esprit, dans notre âme et dans nos corps. En tout cas, l’essentiel est fait. Le plus important à mes yeux est la condamnation du laboratoire. L’argent du monde entier ne me rendra pas la santé de mon fils.

Que comptez-vous faire avec cet argent ?
Mon enfant a besoin de soins médicaux de qualité. Le suivi médical est certes long. Le traitement est très onéreux. Je ne sais pas si la somme de 3 millions de dirhams est suffisante pour couvrir les frais des soins. 
Son père et moi envisageons de l’emmener à l’étranger pour recevoir des soins de qualité. Nous avons déjà contacté des hôpitaux en France et au Canada. Nous n’avons pas encore reçu de réponse. Maintenant, il poursuit des soins de kinésithérapie à raison d’une séance par jour car il a des difficultés respiratoires.

Qu’avez-vous enduré durant ces six années de bataille en justice ?
Quand mon fils est né, nous étions heureux. Comme toutes les mères du monde, j’espérais le meilleur à mon fils. Je le regardais grandir devant mes yeux. Je pensais à son avenir, à ce qu’il deviendra quand il sera homme. J’ai porté tous mes espoirs sur lui. Le bonheur et l’espoir envahissaient nos cœurs.
Depuis l’an 2000, date de la tragédie qui nous a frappé, nous vivons un véritable drame. Ma vie a été chamboulée. Tous mes rêves sont tombés dans l’eau. Je ne suis plus la même personne. Je suis devenue très nerveuse et angoissée. A la maison, l’ambiance est triste. Chaque jour apporte son lot de peines.
L’état de santé d’Achraf se dégradait petit à petit et je ne pouvais rien faire pour atténuer ses douleurs. Il éprouve des difficultés respiratoires surtout durant la saison d’été. C’est difficile pour une mère de voir son propre enfant subir une telle souffrance. Tout ce que je souhaite pour le moment est que l’état de santé de mon fils s’améliore, qu’il arrive au moins à s’asseoir et à tenir un objet entre ses mains. Ceci représente pour moi une grande avancée.


 Six ans de bataille judiciaire


C’est en 2000 que l’affaire d’Achraf a commencé. Âgé de moins de deux ans, il était en bonne santé et ne souffrait d’aucune maladie. Ses parents ont jugé bon de lui faire un vaccin anti-hépatite B. Après administration du vaccin Engerix.B, son état de santé s’est dégradé.
Ses parents décident alors de l’emmener à l’hôpital Ibn Rochd. Le médecin conclut à une paralysie pouvant être causée par l’injection de l’Engerix.B. La famille Diwane intente un procès contre le laboratoire pharmaceutique fabriquant le vaccin. Un long combat judiciaire oppose les deux parties.
Au bout d’un procès de cinq ans, le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, lundi 7 novembre 2005, Smithkline Beecham Maroc à payer 3 millions DH de dommages et intérêts au petit Achraf. Après quoi, le laboratoire a fait appel.

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