Alger achète encore des armes

Alger achète encore des armes

La parade militaire de l’Algérie n’impressionne personne. Ce pays multiplie les annonces de contrats d’achats d’armements. Après le contrat conclu la semaine dernière pour l’acquisition de frégates, le quotidien «Le Jeune indépendant» en annonce un autre dans son édition du jeudi. L’Algérie prévoit d’acheter 80 avions de combat Mig 29 en 2005. Montant du contrat : 1 milliard de dollars. Montant du contrat des frégates : 1,2 milliards de dollars. L’Algérie jette donc des milliards de dollars aux fabricants russes. L’annonce du contrat des 80 MIG a été faite par le quotidien russe ”Kommersant”, au lendemain de la désignation d’un nouveau directeur général à la tête de MIG.
L’information a également été rapportée par le magazine britannique Jane’s, spécialisé dans les ventes d’armes. Cette commande intervient après celle concernant 22 avions de chasse Soukhoï. « Il s’agit de la seconde transaction négociée par l’Algérie avec l’avionneur russe dont le montant global combiné est de l’ordre de 2,8 milliards de dollars, une manne financière qui permettra, selon les spécialistes, de sauver MIG de ses difficultés financières », commente fièrement le quotidien algérien. Ces deux commandes interviennent peu de temps après celle de 50 MIG. Ce qui fait de l’Algérie le premier importateur de MIG au monde. Il semble très peu probable que l’Algérie fasse ses courses en Russie à seule fin de sortir du pétrin un fabricant d’armes. Et il n’est un secret pour personne que les avions de combat russes ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. L’aéronautique américaine, celles britannique et française les dépassent de loin en qualité. Pourquoi l’armée algérienne ne s’achalande-t-elle pas chez des marchands qui vendent des produits de qualité ?
Cela est d’autant surprenant que le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a placé la modernisation de son armée de l’air comme une priorité. Il voudrait donc la moderniser avec des appareils qui font partie de l’Histoire. Une autre question s’impose devant la multiplication des défilés militaires dans la presse algérienne : que veut Alger avec cette course à l’armement ? Qui cherche-t-elle à impressionner ou à pousser à lui emboîter le pas ? Sans être excessivement paranoïaque, nous sommes le pays voisin de l’Algérie. Et en ce moment, le ton n’est pas aux tapes amicales. D’autre part, le Maroc est engagé dans des plans de développement du pays. Il ne va pas les modifier pour suivre Alger dans sa course à l’armement. Et il les modifiera d’autant moins que les gadgets que paie l’Algérie à coups de milliards de dollars provoquent le rire sous cape de tous les connaisseurs en armement. Ces appareils sont à contre-courant de l’Histoire. Fort de son statut d’allié majeur non-Otan et de la qualité de son armée de l’air, équipée en F16 et en Mirage 2000, le Maroc peut laisser l’armée algérienne fanfaronner avec des MIG qu’elle n’a même pas encore étrennés. Notre pays se préoccupe de son développement socioéconomique. Et l’Algérie devrait en faire autant. Les populations des deux piliers du Maghreb s’en porteraient mieux.

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