Avortement / L’avis du gouvernement : La loi est dépassée et inéquitable

Avortement / L’avis du gouvernement : La loi est dépassée et inéquitable

ALM : Que pensez-vous de la législation qui régit actuellement l’avortement au Maroc ?

El Houssine Louardi : La loi qui régit l’avortement est très restrictive, non équitable, dépassée et ne tient pas compte de la réalité de la vie des Marocains. Ceci engendre une augmentation du nombre d’avortements clandestins et des avortements non médicalisés, qui peuvent avoir comme conséquence des hémorragies sévères ou des chocs septiques qui peuvent conduire à la mort. Selon nos statistiques, ces décès ont représenté 4,2% des mortalités maternelles en 2010.

Quelle est, dans ce cas, la position du ministère de la santé ?

Le ministère lutte contre l’avortement clandestin et non médicalisé, et appelle à la révision de la loi actuelle. Nous travaillons dans le sens de la libéralisation de l’avortement pour préserver la santé physique, psychique et sociale de la femme. Cela veut dire dans au moins quatre cas: l’inceste, le viol, chez les jeunes filles arriérées mentales et dans le cas de malformations fœtales importantes. Dans ce sens, le ministère représente la position du gouvernement, et je me battrai corps et âme pour cette vision.    

Dans la pratique, qu’allez-vous proposer lors de cette rencontre ?

Nous allons proposer au cours du débat une stratégie sur trois axes pour combattre l’avortement clandestin. D’abord la prévention, particulièrement à travers l’éducation sexuelle des jeunes et des adolescents, c’est le rôle du ministère de la santé mais surtout de l’école, des parents et des ONG. Le deuxième axe est la facilitation de l’accès des femmes et des jeunes filles sujettes à un avortement clandestin aux institutions sanitaires du royaume pour traiter les complications. Il n’est pas question de laisser des jeunes filles mourir parce qu’elles ont peur des poursuites pénales. Le troisième axe est la révision de la loi en tenant compte des spécificités sociales, culturelles et religieuses du pays.

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