Aznar persiste dans la provocation

Décidément, le président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, qui quitte la vie politique de son pays le 14 mars prochain, persiste et signe dans la politique anti-marocaine qu’il a entamé dès son arrivée au pouvoir, il y a huit ans. Selon des informations rapportées par la presse espagnole, le chef de l’Exécutif espagnol se rendra en visite officielle dans la ville marocaine occupée de Sebta avant la fin de la semaine. Cette visite affirme-t-on de source médiatique s’inscrit dans le cadre de la campagne préélectorale pour les législatives espagnoles. Il est à signaler que José Maria Aznar, qui a pris la décision de ne pas se présenter aux prochaines élections générales, ne doit pas participer à la campagne électorale de sa formation politique, le Parti Populaire (PP) dont le candidat au poste de président de gouvernement est l’actuel vice-président du gouvernement, Mariano Rajoy. C’est pour cette raison qu’Aznar intensifie actuellement ses sorties médiatiques avant de s’éclipser la veille du début de la campagne électorale. Au programme de ses activités de la semaine, le patron de la Moncloa (Présidence du gouvernement espagnol) sera le protagoniste de deux événements qui auront certainement de graves conséquences sur les relations entre le Maroc et l’Espagne.
La première activité de son programme est la cérémonie officielle qu’il présidera, demain, dans la caserne militaire de Rabassa à Alicante. Durant cette cérémonie, un hommage sera rendu aux 64 soldats espagnols ayant participé à l’invasion de l’îlot Leila le 17 juillet 2002 et qui seront décorés à cette occasion de la « croix au mérite militaire ». Selon un communiqué officiel du ministère espagnol de la Défense rendu public hier, la cérémonie a été maintenue malgré la tension qui règne sur les relations des deux pays. Elle sera présidée par José Maria Aznar qui sera accompagné par le ministre de la Défense et le chef d’état-major de l’armée espagnole, le général Luis Alejandro Sintes.
Aznar se rendrai ensuite dans la ville occupée de Sebta où il devra s’entretenir avec les autorités coloniales du préside occupé dont le président de la ville, Juan Vivas, et le délégué du gouvernement, Luis Vicente Moro. Il est à signaler que la ville occupée de Sebta a un statut de « ville autonome » ayant un gouvernement autonome et un Parlement local. L’actuelle majorité est formée par le Parti Populaire dont le président, Luis Vivas, est un fervent défenseur de la politique d’Aznar. La visite de ce dernier à Sebta a d’ailleurs pour objectif de manifester un soutien inébranlable à la section locale du PP dans les élections générales du 14 mars. À cette occasion, il est prévu que José Maria Aznar donne le coup d’envoi à la mise en application de la deuxième phase du « Plan intégral de développement économique et social de Sebta et Melillia » qui a été élaboré par le gouvernement populaire pour réduire la dépendance économique des deux présides occupés avec le Maroc. Ce fameux plan dont le budget s’élève à 71 millions d’euros accordés en tant que don du gouvernement central aux deux villes occupées a pour objet de les aider à faire face aux répercussions que le nouveau complexe portuaire Tanger-Méditerranée aura sur leur économie.
Le projet de la visite d’Aznar pourrait toutefois être annulé en dernière minute, affirment les observateurs, afin de ne pas créer davantage de tension avec le Maroc après les déclarations hasardeuses du ministre espagnol de la Défense, Federico Trillo, sur l’îlot marocain Leila. Des déclarations qui ont obligé la ministre des Affaires étrangères, Ana Palacio, à consacrer son week-end à multiplier les contacts avec les responsables marocains afin d’éviter un retour à la tension entre les deux pays et à minimiser l’effet de l’incident provoqué par la bourde de son collègue chargé de la guerre. Pourtant, hier, alors que tout le monde pensait qu’il avait récapitulé en reconnaissant son erreur, Trillo a déclaré que « seuls les électeurs ont le droit de juger s’il doit assumer des responsabilités politiques à propos de ses déclarations sur Perejil (Leila) ». Ce qui démontre que le ministre espagnol de la Guerre ne veut pas faciliter la tâche de sa collègue chargée des Affaires étrangères.
En somme, le gouvernement Aznar quittera le pouvoir tel qu’il l’a entamé : en déclenchant une crise avec le Maroc.

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