Bourse : Perspectives 2004/2005

Bourse : Perspectives 2004/2005

Thami Ghorfi : Monsieur Bencheikh, quelle est votre appréciation de l’activité boursière pour les deux années à venir ?
Driss Bencheikh : Avant tout, je voudrais présenter mes sincères et profondes condoléances aux familles des victimes du tremblement de terre qui a touché la région d’Al Hoceima.
En ce qui concerne les perspectives 2004/2005, ces deux années s’annoncent riches en activité boursière et notamment pour un certain nombre de points. Je noterai essentiellement :
1. Les nouvelles conditions d’introduction en Bourse ; 2. La fiscalité avantageuse ;
3. Les grandes opérations qui sont arrêtées et prévues pour les exercices 2004 et 2005 ;
4. Et enfin, une croissance économique apparemment attendue grâce à une pluviométrie qui a l’air d’être au rendez-vous.
En ce qui concerne l’introduction d’entreprises en Bourse, quels sont concrètement tous les avantages que cela apporte aux entreprises?
Driss Bencheikh : En clair, les conditions d’introduction en Bourse sont, depuis janvier 2004, extrêmement simplifiées.Je vous donne un exemple :
une entreprise qui aurait besoin de 10 millions de dirhams pour financer son développement peut aujourd’hui s’introduire en Bourse, contrairement à il y a quelques semaines pendant lesquelles les conditions d’introduction en Bourse étaient relativement difficiles puisqu’elles prenaient en compte le capital social de l’entreprise, le pourcentage à émettre dans le public et un certain nombre de critères relativement techniques.
Aujourd’hui, l’introduction en Bourse est devenue une opération beaucoup plus simple en vue de la souplesse réglementaire qui permet à des PME/PMI ou à des entreprises familiales de d’adresser au marché boursier.
Est-ce qu’il y a des incitations boursières qui vont dans ce sens ?
Driss Bencheikh : D’abord, je profite de cette occasion pour inviter les chefs d’entreprises ayant des projets de développement qui nécessitent un financement à hauteur et à partir de 10 millions de dirhams, à contacter la Bourse de Casablanca pour que l’on puisse leur expliquer les avantages et la démarche à suivre pour tout financement par la Bourse.
Je reviens sur l’aspect fiscal qui j’ai cité parmi les points qui vont permettre à l’activité boursière d’être beaucoup plus animée lors des exercices futurs. Ainsi, toute entreprise qui s’introduira en Bourse bénéficiera d’une réduction de l’IS de l’ordre de 50% pendant trois années, ce qui est considérable.
Rappelons qu’il n’y a pas de secteurs particuliers pour lever 10 millions de dirhams sur le marché financier. Es-ce que les épargnants eux aussi auront envie d’aller vers ces entreprises qui sont des entreprises de proximité en quelque sorte ?
Driss Bencheikh : En ce qui concerne le grand public, il est clair également que, à partir du moment où la plus value réalisée sur les titres cotés en Bourse est totalement exonérée de fiscalité, le grand public serait très intéressé de participer au capital de ces nouvelles sociétés qui seront introduites en Bourse.
La saison 2004/2005 et en particulier le démarrage de l’année 2004 s’annonce positive pour la place boursière de Casablanca avec d’abord une opération en cours qui est celle de la BCM/WAFABANK mais aussi l’introduction en Bourse de grandes entreprises que l’on attend depuis un bon moment.
Driss Bencheikh : Tout le monde sait que dans quelques semaines, la Banque Commerciale du Maroc va lancer une opération de rachat des titres Wafabank pour préparer sa fusion définitive avec cette dernière.
Cette opération se fera sous deux formes : une offre publique d’achat et une offre publique d’échange.
Ceci étant, on attend tous et le ministre des Finances l’a déjà annoncé, l’introduction en Bourse de la Banque Centrale Populaire. Mais on attend également probablement pour fin 2004 ou début 2005, l’introduction en Bourse de Maroc Telecom.
Il s’agit de grandes entreprises qui en général sur tout marché, incitent les petites et moyennes entreprises à s’introduire également en Bourse.
Monsieur Henin, quelle a été l’évolution des indices la semaine dernière ?
Sébastien Henin : Les différents indices de la Bourse de Casablanca ont progressé de près de +2% la semaine dernière et flirtent de nouveau avec leur plus haut annuel.
Est-ce que vous commencez à voir certains résultats arriver ?
Sébastien Henin : Effectivement, nous avons eu la publication des résultats de la BCM qui a réalisé un Produit Net Bancaire en stagnation et un résultat net de plus de 400 millions de dirhams.
La BCM est également en cours de préparation de l’offre publique d’achat et d’échange, dont a parlé Monsieur Bencheikh. Est-ce que nous avons des éléments à ce sujet ?
Sébastien Henin : Tout à fait. Les modalités ont été publiées lundi matin dans la presse. Il s’agit en fait, au choix pour l’épargnant, d’une Offre Publique d’Achat au prix de 825 DH par action Wafabank ou alors d’une Offre Publique d’Echange, à savoir sept titres BCM pour huit titres Wafabank.
Es-ce que nous avons d’autres résultats des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca?
Sébastien Henin : La société Aluminium du Maroc a publié un chiffre d’affaires en croissance de 7% et une explosion de son résultat de près de 40% à 39 millions de dirhams.
En ce qui concerne la SONASID, la valeur profite du regain d’intérêt que connaît le secteur du BTP. L’action a inscrit ainsi un nouveau plus haut historique à 915 DH.
Monsieur Bencheikh, quelle est la stratégie que vous comptez mettre en oeuvre pour aller à la conquête des entreprises et les amener sur le système financier ?
Driss Bencheikh : L’enjeu majeur de notre stratégie repose sur le fait que la croissance économique est nécessaire pour notre pays. Cette nécessité passe par une croissance durable capable de résorber le chômage et de créer des emplois stables. Tout le monde sait que cette croissance ne peut venir que d’un investissement soutenu et par conséquent, nous nous engageons à encourager l’investissement tant public que privé. Par ailleurs, il faut également être conscient que pour financer ces investissements, il faut de l’épargne d’où la nécessité de promouvoir l’épargne. En résumé, notre vision c’est de transformer la Bourse en une institution de promotion de l’épargne et d’encouragement de l’investissement.
Est-ce que vous avez les ressources humaines qu’il faut pour un chantier aussi important et aussi ambitieux qui a l’air d’accompagner la démarche de structuration de l’économie nationale ?
Driss Bencheikh : Nous aurons besoin de deux types de ressources. D’une part, les ressources financières que les actionnaires ont mis à notre disposition pour mettre en oeuvre cette stratégie.
D’autre part, les ressources humaines puisque nous allons lancer dans les prochains jours, une grande campagne de recrutement afin de renforcer les équipes déjà existantes.

• Cette émission sera rediffusée ce soir à 22h00
sur les ondes de Médi 1
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Prochain rendez-vous le 08 mars 2004

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