Bouteflika franchit le pas

Bouteflika franchit le pas

Mieux vaut tard que jamais. C’est le moins que l’on puisse dire pour qualifier le dernier geste, riche en enseignements, des autorités algériennes. Ces dernières, et par la voie du président algérien Abdelaziz Bouteflika lui-même, ont annoncé, le samedi 2 avril, la suppression de procédure de visa aux Marocains qui désirent se rendre en Algérie.
Faisant état de cette nouvelle mesure, un communiqué de la présidence algérienne, rendu public par l’agence officielle APS, précise que Bouteflika a personnellement  annoncé la bonne nouvelle, le même samedi et par téléphone, à  SM Mohammed VI. De source officielle algérienne, citée par l’AFP, cette mesure «de bonne volonté» vient en réponse à la mesure similaire annoncée par Sa Majesté le Roi Mohamed VI, le 30 juillet 2004. Elle «participe des efforts déployés par les deux pays en vue d’assainir le climat dans lequel devront se développer les relations bilatérales fondées sur la confiance réciproque et sur la compréhension entre les peuples algérien et marocain».
On l’aura compris, par cette décision, Alger aura fait d’une pierre deux coups. Le premier n’est autre que donner forme aux perspectives de rapprochement entre les deux pays, et dont les signaux n’ont pas manqué ces derniers temps. Le deuxième est la suite qu’Alger donne, par cette mesure, aux entretiens en tête-à-tête qu’ont eu les chefs d’Etat des deux pays lors du dernier Sommet arabe d’Alger (22-23 mars).  D’ailleurs, et dans le même communiqué, le président algérien a salué «la contribution personnelle» du Souverain «au succès du 17ème Sommet des Etats de la Ligue Arabe» et exprimé «combien le peuple algérien s’est réjoui de son séjour à Alger».
Allant dans le même sens, et par le biais d’un communiqué du cabinet royal, le Maroc « se félicite vivement de cette décision qui intervient quelques jours après la rencontre au Sommet à Alger entre SM le Roi Mohammed VI et le président Bouteflika en marge du dernier Sommet arabe». Cette mesure constitue un nouveau jalon dans le rapprochement des deux peuples frères et «traduit la volonté des deux pays voisins d’approfondir et de développer leurs relations bilatérales dans la confiance mutuelle et l’action commune». Mettant fin à 11 ans de procédure de visas, instaurée entre les deux pays à la suite du tristement célèbre attentat de l’Hotel Atlas Asni,  cette mesure n’est pas pour autant synonyme de la tant attendue réouverture des frontières entre les deux pays. Citée par le quotidien indépendant algérien El Watan, dans son édition du dimanche 3 avril, une source du ministère des Affaires étrangères a écarté hier cette éventualité. Pour elle, la question ne trouvera d’issue que dans le cadre des commissions mixtes mises en place par les deux pays. Ce sera après le règlement des contentieux en suspens actuellement objets de discussions.

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