Capital humain : Le constat alarmant de Lahlimi

Capital humain : Le constat alarmant de Lahlimi

«Ces moyennes demeurent en deça de ce qui est mobilisé pour ces domaines», martèle Ahmed Lahlimi Alami qui s’exprimait mercredi à Rabat lors de la présentation des résultats des enquêtes relatives au capital humain au Maroc. Celui-ci constitue, selon lui, 1,4% du PIB dans le pays contrairement à d’autres pays où il atteint 6%. «Nous connaissons un recul en termes d’éducation et santé», enchaîne-t-il.

L’engagement de Lahlimi

«La réforme solide et le développement du rendement de l’éducation sont des questions qui se posent à nous», précise le haut commissaire au plan en rappelant que son institution a saisi l’occasion du recensement de la population pour se pencher également sur la dynamique professionnelle. Ainsi, il a été question de savoir si cette dynamique s’est améliorée selon les métiers et les secteurs. «D’aucuns ont évolué tandis que d’autres ont régressé. Dans l’ensemble, cette dynamique est minime, notamment en trois secteurs offrant des postes d’emploi précaires», poursuit le haut commissaire au plan en énumérant les secteurs du BTP, des services et d’agriculture.

Le souci du préscolaire

Pour M. Lahlimi, il existe un lien entre l’enseignement préscolaire et la déperdition scolaire. D’où l’intérêt de cette étude qu’il a qualifiée de «plaidoirie pour les citoyens et décideurs à la fois afin que l’enseignement devienne indispensable soit par le moyen de l’Etat ou le privé». Pour l’heure, le taux de fréquentation du préscolaire est, selon le HCP, de 48,7%. Aussi, le  secteur d’enseignement moderne (crèche, maternelle) préscolarise la quasi-totalité (93,3%) suivi de loin du secteur traditionnel (Koutab et Msid) (6,7%). «Le privé a tendance à investir densément en enseignement», enchaîne M. Lahlimi.  

Recommandations

Le haut commissaire au plan a également mis l’accent sur l’orientation vers la diversification des structures économiques notamment dans les secteurs de l’industrie, des technologies et des nouveaux services, qui offrent des emplois à haute valeur ajoutée de nature à renforcer l’envie à l’apprentissage et à améliorer en même temps la rentabilité des ressources humaines. «Il faudrait consolider l’éducation et établir un lien entre la formation et la pratique», abonde l’interlocuteur qui justifie la diversification des structures économiques par la création d’emplois décents. «Il faudrait veiller à réduire les écarts entre les couches sociales», enchaîne M. Lahlimi, annonçant la publication prochainement d’une étude autour des disparités sociales.
 
Procédé des enquêtes

Lors de cette rencontre, marquée notamment par la présence de plusieurs ambassadeurs, et représentants des organisations internationales relevant des Nations Unies œuvrant dans les domaines de la croissance et du développement humain, M. Lahlimi a précisé que les enquêtes sur le capital humain au Maroc ont été réalisées selon deux approches. La première se réfère au nombre d’années d’études, au rendement économique du capital humain et à la survie des individus en âge d’activité «15-59 ans» pour calculer, selon l’approche de la Banque Mondiale, l’indice de capital humain permettant d’en mesurer la valeur monétaire (Caselli, 2005).

La seconde approche appréhende, quant à elle, le capital humain en termes de stock, tendance, répartition sociale, insertion et expérience professionnelles, mobilités sociale et scolaire, inégalités sociales et investissement, à l’aide des indicateurs unidimensionnels sélectionnés par l’OCDE, a-t-il ajouté.

Selon l’approche de la Banque mondiale, l’indice du capital humain est fonction du nombre d’années d’études des actifs occupés, du rendement économique du capital humain et de la survie des individus en âge d’activité «15 59 ans», a expliqué M. Lahlimi, notant que c’est cet indice qui permet de mesurer la valeur monétaire du capital humain du Maroc.

 

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