Casa : Les paillottes de la côte

Tous les soirs, à proximité du club équestre et en face de la nouvelle pépinière à Aïn Diab, les vendeurs d’escargots s’alignent avec leurs étals sur les trottoirs. Le phénomène ne date pas d’hier. Ces vendeurs, hommes et femmes, issus des douars des environs de Dar Bouazza, comme Dachra, Lamssala et Ariane Ras, ont fait du lieu en question leur propriété foncière.
L’habitude devient une seconde nature. Alors qu’il s’agit d’un espace touristique, par excellence, qu’ils sont en train de ternir tout en mettant en danger la santé des consommateurs potentiels. D’ailleurs, ces produits présentés à la vente, escargots cuits, ne font l’objet d’aucun contrôle. L’état des vendeurs donne déjà une idée. Des mains sales, des blouses complètement maculées et l’état de la grande marmite, confectionnée sur mesure à ce genre de commerce, laisse à désirer. Cette activité, qui nuit à un secteur sensible et rapporteur de la ville et ses visiteurs, est très fructueuse pour ses pratiquants. Ils achètent le produit, qui provient de la région de Souss, Essaouira et le Gharb, à l’état brut à moins de vingt dirhams le kilogramme, selon la saison, à Souika (Derb Sultan) ou au garage d’Aït M’zal. La préparation ne demande pas beaucoup de travail. Et enfin, emballé dans les saletés, ils le vendent comme bon leur semble. Il n’y a pas de prix fixe. Ce dernier, varie d’un client à l’autre, mais toujours au-dessus de 20 dirhams pour le petit bol, qui ne contient qu’une dizaine d’escargots. C’est dire qu’un seul kilogramme pourrait générer plus de 200 dirhams. Chaque soir, donc, la recette est estimée à plus de 10.000 dirhams.
Le cas en question fait partie de la désorganisation d’un autre temps. Maintenant la campagne d’organisation est lancée « doucement mais fermement ».
En effet, le wali du grand Casablanca, Driss Benhima, soucieux de l’importance de cette zone pour le tourisme à la capitale économique, en particulier, et l’ensemble du pays en général, a annoncé en janvier dernier, lors d’une rencontre avec la presse nationale, qu’un plan d’aménagement de la côte figure, parmi les priorités, sur son agenda. M. Benhima, qui a insisté, notamment sur la présence de l’autorité dans la ville et le strict respect de la loi, ne mâche pas ses mots. La récente campagne de lutte contre l’occupation illégale et anarchique des espaces publics apporte déjà ses fruits. Les piétons casablancais circulent aisément maintenant et le visage de la ville est en passe d’avoir la vraie couleur de la capitale économique.
Sur la Corniche d’Aïn Diab, le plan d’aménagement prévoit, notamment la réalisation de sites touristiques, au sens large du terme, et dont le montant global serait d’environ 600 millions de dirhams. Il faut dire qu’il n’y a plus de place maintenant pour toutes activités non organisées dans les règles de l’art.
Depuis qu’il a pris les commandes de la wilaya du grand Casablanca, en juillet dernier, la réorganisation de la ville, pour lui redonner son image de grande métropole, constitue son cheval de bataille. Toutes les forces éprises de l’avenir du pôle économique du pays soutiennent les démarches du Wali. Bravo le fonceur.

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