Chronique d’un divorce dans la douleur

Bien avant le VIe congrès de l’USFP, les étincelles de friction entre les anciens dirigeants ne manquaient pas. La création du PCNU s’est, donc, faite dans la douleur.
Certains avaient des penchants islamistes, particulièrement en ce qui concerne la position vis-à-vis du plan de l’intégration de la Femme, comme ce fut le cas pour Mohamed Habib Forkani, ex-membre du Bureau politique. D’autres voulaient l’officialisation des courants et adoptèrent une plate-forme intitulée « Fidélité à la démocratie ». D’autres, enfin, critiquaient la politique officielle du parti dans le domaine de l’action sociale, particulièrement, vis-à-vis de la CDT.
Le 29 mars, à l’ouverture du VIe congrès, à Casablanca, tous les ingrédients étaient réunis pour annoncer l’éclatement du parti. A moins de deux heures de l’inauguration des travaux de cette manifestation, Mohamed Noubir Amaoui, Abdelmajid Bouzoubaâ, plusieurs députés et cadres de Casablanca, se sont retirés du Congrès. Rejoignant ainsi la position de « Fidélité à la démocratie », dirigée par Najib Akesbi, Mohamed Sassi et khalid Soufiani, et de Mohamed Hafid, secrétaire général de la Jeunesse Ittihadia. Outre les syndicalistes, dans le rang des contestataires il y a eu une vingtaine de députés, dont Abdellah Cherkaoui, président de la Commune de Maârif, Souheil Maâti, Brahmi Rachdi, vice-président de la Chambre des conseillers, Ahmed Zaidi, député de Bouznika et président du club de la presse. Plusieurs avocats ont également fait partie de cette mouvance contestataire. Parmi eux, il y a lieu de citer Mohamed Essabri, Jalal Taher, Mostapha Kenaân et Mohamed Tabih. Après le VIe congrès, alors que des membres de la commission administrative s’investissaient pour trouver une solution à ce problème, Amaoui et ses amis organisèrent durant l’été des meetings et annonçaient la création d’un mouvement de redressement de l’USFP. Faute d’entente, « Fidélité à la démocratie » se retira de la coalition. Le 5 octobre 2001, Amaoui et Bouzoubaâ déposèrent une demande d’autorisation de la tenue du congrès du parti, pour les 19, 20 et 21 octobre. Deux jours avant cette date, le Bureau politique de l’USFP porte plainte contre eux et les accule à changer le nom de leur parti. Ainsi est né le Congrès national unioniste, mais sans la Jeunesse Itihadia, la majorité des députés contestataires, ni les amis de Najib Akesbi.

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