Chronique d’un meurtre sans mobile

Chronique d’un meurtre sans mobile

Un crime a été perpétré à Casablanca. Un jeune homme a tué une autre personne à coup de couteau sans mobile apparent. Pourtant, les deux individus ne se connaissent pas. Ils ont assisté tous les deux à une bagarre qui a éclaté entre deux jeunes hommes qui conduisent des carrioles entre quartier Al Falah et Lahraouiyine, dans la périphérie de Casablanca.
L’histoire remonte au mois d’octobre au cours du mois sacré de Ramadan. Il ne restait qu’une demi-heure pour la rupture du jeûne. Les habitants du douar Médiouni, à Lahraouiyine, qui sont encore au quartier Al Falah, préfecture de Ben Msik-Sidi Othman, utilisent des carrioles comme moyen de transport pour rentrer chez eux. L’absence d’un vrai moyen de transport oblige. De même, les habitants de ce douar recourent à l’utilisation des carrioles pour faire le déplacement jusqu’au quartier Al Falah afin de prendre un bus ou un grand taxi pour rejoindre enfin leur travail. C’est une corvée quotidienne qu’ils subissent en silence. Mais, ils n’ont pas d’alternative. Les conducteurs des carrioles profitent de cette situation. Souvent, ils se livrent à une course sans fin pour transporter durant un temps record le maximum de voyageurs. Parfois, ils en viennent aux mains. C’est ce qui est arrivé ce jour-là en plein Ramadan. Sur le chemin, une carriole a heurté une deuxième. Chacun des deux conducteurs a accusé l’autre. L’un a tenu l’autre pour responsable de cet accident. Ensuite, ils se sont échangé des insultes en vociférant. Chacun d’eux n’a pu retenir ses nerfs. Les injures ont cédé ensuite la place aux coups. Les passants sont intervenus pour calmer les deux forcenés. Une majorité de badauds ont soutenu l’un des deux protagonistes contre l’autre. D’autres étaient du côté de l’autre conducteur. Cet incident somme toute banal méritait-il tout ce bruit? Les choses vont rapidement dégénérer. Quelques minutes plus tard, deux passagers ont commencé à se battre. Une divergence d’opinion sur le véritable fautif était à l’origine de cette querelle. L’un d’eux a donné à l’autre un coup avec un objet en fer. Le second passager est tombé par terre en saignant. À ce moment, une troisième carriole, à bord de laquelle il y avait des passagers, s’arrête. La curiosité les a poussés à descendre pour voir ce qui se passe. Et sans savoir pourquoi, l’un d’eux a brandi un petit couteau pour asséner un coup dans l’abdomen d’un autre. Pourquoi quelle raison l’a-t-il frappé ? Personne n’a eu de réponse. Ils sont restés bouche bée durant quelques secondes avant de s’enfuir craignant d’être impliqués malgré eux dans un crime. Même le passager qui a frappé l’autre personne par un objet en fer s’est enfui.
Alertés, les éléments de la police judiciaire du district de Ben Msik-Sidi Othman et de la protection civile se sont dépêchés sur les lieux. La victime a été évacuée vers les urgences de l’hôpital Sidi Othman pour les soins nécessaires. Sa blessure est-elle jugée grave ? Il n’y avait pas de médecin. Il n’y avait que des infirmiers qui ont attesté que son état ne nécessite pas d’hospitalisation. Après quoi, il a été conduit au commissariat de police pour être entendu sur ce qui lui est arrivé. Seulement, il a perdu conscience. Conduit rapidement une fois encore aux urgences, la victime a rendu l’âme en cours de route. Pour trouver la personne qui l’a tué, les enquêteurs ont conduit au commissariat une dizaine de témoins qui ont assisté à la bagarre. Ils leur ont indiqué l’auteur du crime. Il s’agit d’un mineur de dix-sept ans. Il a déclaré à la police qu’il n’avait pas de mobile pour justifier son assassinat. Étrange et macabre affaire!

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