Corruption: Un Marocain sur trois a payé un pot-de-vin

Corruption: Un Marocain sur trois a payé un pot-de-vin

La justice est en pole position dans les résultats du baromètre de la corruption

Azzedine Akesbi, membre du conseil national de Transparency Maroc.
Azzedine Akesbi, membre du conseil national de Transparency Maroc.

Décidément, les Marocains n’ont pas la volonté politique pour lutter contre la corruption. C’est ce qui a été annoncé, à Rabat, par les membres du conseil national de Transparency Maroc à l’occasion de la publication des résultats du baromètre de la corruption. Ainsi, les résultats du Maroc sont effrayants et montrent, comme les cinq précédentes enquêtes depuis 2006, que la corruption affecte les secteurs essentiels du pays. Quatre ont enregistré une fréquence élevée de la corruption dont la justice qui tient la pole position dans ce sondage avec 49%. Viennent ensuite la police et la gendarmerie, avec 39%, puis les hôpitaux publics avec 38%.

Les autres services et administrations gangrénés par la corruption sont ceux du permis de conduire ou la CIN, 33%, puis 29% dans les administrations d’une manière générale. Dans l’ensemble, 48% des personnes interrogées en contact avec les services concernés ont payé un pot-de-vin dans un des secteurs couverts par l’enquête.

Azzedine Akesbi, membre du conseil national de Transparency Maroc, a indiqué que «dans les circonstances actuelles, seulement 10% de la population interrogée déclare ou dénonce les cas de corruption observés. Parmi les raisons avancées qui expliquent, partiellement, le faible engagement des gens, l’enquête indique qu’une proportion importante des Marocains pense que «rien ne sera fait» ou a peur des conséquences».

Selon les autres membres du conseil de l’ONG, «cela signifie que les conditions adéquates pour une bonne protection des témoins ou dénonciateurs ne sont pas encore mises en place, pour favoriser et faciliter la participation citoyenne dans ce domaine». Par ailleurs, les chiffres dévoilés par l’ONG placent la lutte contre la corruption en quatrième position, alors que le chômage, suivi de la santé, la pauvreté et l’éducation sont en tête des problèmes que le gouvernement doit traiter.

Mais il est évident que l’amélioration de la situation des secteurs sociaux et la lutte contre la pauvreté passent nécessairement par la lutte contre la corruption conséquente et effective, qui semble manquer cruellement. Ce que confirment les résultats du baromètre global de la corruption en 2016. En effet, 64% des personnes interrogées considèrent comme «assez mauvaise» la gestion de la lutte contre la corruption. Ce manque d’action et de volonté persiste dans le temps, depuis la première enquête réalisée en 2006.

En fait, la situation du Maroc ne déroge pas à la situation très préoccupante de la région arabe et du Mena. Dans cette région, 61% des répondants considèrent que la corruption a augmenté au cours de l’année précédant l’enquête, et 1 personne sur trois a payé un pot-de-vin. Il est à signaler que le baromètre global de la corruption 2016 a concerné au Maroc un échantillon de 1.200 personnes, dont la moitié est composée de femmes et 60% sont d’origine urbaine.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *