De la déception à l’homicide

De la déception à l’homicide

Hicham n’aurait jamais pu imaginer que sa vie allait basculer du jour au lendemain. Depuis sa naissance, en 1983, ses parents ont pris soin de lui et ont veillé à lui donné une bonne éducation. Sa mère s’occupait de lui, ainsi que de ses deux frères. Mais Hicham s’interrogeait toujours pourquoi son père demandait à sa mère toujours de prendre soin de lui plus que ses frères, bien qu’elle n’ait jamais fait de distinction entre eux. Hicham se souvient de son père qui faisait son possible pour le rendre plein de joie et comment il s’intéressait à lui au détriment de ses deux frères. Il se rappelle également des bonbons et biscuits qu’il lui ramenait à chaque fois qu’il rentrait de son travail.
Seulement, ces belles années ont été stoppées net, en 1988, quand le père est décédé suite à un accident du travail. Depuis, la mère a pris la relève pour égayer le petit garçon. Elle est allée chercher du travail pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Avec abnégation, elle est arrivée à répondre à ses besoins. Car l’essentiel pour elle est qu’il soit content et satisfait. Un comportement qui prouve qu’elle lui voue un amour remarquable. A son septième printemps, elle l’a inscrit à l’école. Ce qu’il lui importait, c’était qu’il arrive à décrocher un diplôme pour avoir un emploi digne. Hicham, qui a poursuivi ses études primaires avec succès, lui promettait de réaliser son rêve. Et il est entré au collège pour poursuivre ses études. Au fil des années, sa mère avait de plus en plus de difficulté à lui assurer ses besoins afin qu’il puisse poursuivre ses études. Elle n’arrive plus à gagner l’argent nécessaire pour lui acheter des vêtements et des fournitures scolaires. Résultat : Hicham a quitté le collège pour chercher du travail. Il s’est fait embaucher dans un atelier de confection de vêtements en cuir. Un emploi qui lui a permis d’avoir un peu d’argent et d’aider quelque peu matériellement sa mère. En parallèle, il épargnait quelques sous. Il rêvait d’émigrer, sans avoir de destination en tête. Il a vécu pendant quelque temps en Libye, où il a travaillé comme aide-commerçant dans une boutique de vêtements pour hommes et femmes. Seulement, il n’a pu y rester plus de huit mois pour rentrer au bercail. Il a décidé de ne plus émigrer et de rester chez lui, près de sa mère. Un choix qu’il a regretté, certainement, par la suite lorsqu’il a appris la mauvaise nouvelle…
Lors d’un accrochage banal avec un voisin, qui lui a lancé :“ Tu n’es qu’un bâtard, va chercher ta vraie mère “. Une phrase qui l’a complètement bouleversé. Fou de rage, il est rentré pour dire à sa mère: “Tu n’es pas ma vraie mère !“. Bouleversée, celle-ci lui a expliqué qu’elle se considérait comme sa véritable mère puisqu’elle l’avait élevé depuis le jour de sa naissance. Hors de lui, il lui a demandé de lui dire qui était sa véritable mère. Elle a tenté de le calmer. Mais en vain. Hicham voulait savoir.
“Ton père a eu une relation extraconjugale avec une femme“, lui a-t-elle affirmé, expliquant que cette relation a fini par la grossesse de sa propre mère. Une fois accouchée de lui, elle l’a confié à son père pour quitter le pays à destination de l’Espagne,zé» lui précise-t-elle. En entendant cette histoire, Hicham a fondu en larmes. Il n’est pas arrivé à accepter son statut de «bâtard». Depuis, il a tourné le dos à sa famille pour rejoindre la rue et les clochards. De ses mauvaises fréquentations, il a appris à boire de l’alcool, ainsi que la consommation du haschich et de comprimés psychotropes. Sa belle-mère a essayé de le convaincre de reprendre la vie de famille et d’oublier l’histoire de sa mère. Mais en vain.
Dimanche 3 octobre. Hicham a avalé plusieurs comprimés psychotropes avant de rejoindre son ami Mouncef, dans un café, situé près du 6ème arrondissement urbain, dans l’ancienne médina de Casablanca. Quelques minutes plus tard, ils ont commencé une partie de cartes. D’une partie à l’autre, Hicham a gagné le pari. Une dispute a éclaté entre eux au point que le serveur les a chassés du café. Se calmant, les deux amis se sont rendus chez un dealer pour acheter des comprimés psychotropes. Ils les ont avalés avant de reprendre le jeu de cartes. Une fois encore d’une partie à l’autre, Hicham a gagné tout l’argent de Mouncif. Hors de lui, ce dernier a tenté de l’agresser pour lui subtiliser l’argent. Hicham l’a repoussé violemment au point qu’il s’est renversé. Mouncef a fini par brandir un couteau menaçant Hicham. Celui-ci ne lui a pas laissé le temps pour aller plus loin dans ses menaces et lui a enlevé le couteau pour lui assener des coups mortels avant d’aller se réfugier au cimetière israélite (Miâra), situé au quartier Boutouil, dans l’ancienne médina.
Le lendemain matin, Hicham a été arrêté par les éléments de la police judiciaire de Casablanca-Anfa et été traduit, le 6 du mois courant, devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca.

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