De retour dans le métro, les londoniens opposent leur flegme à la peur (Reportage)

Pour beaucoup, il s’est agi du premier trajet dans le Tube, le métro de la capitale britannique, depuis que des bombes ont explosé dans trois rames et un bus, causant la mort d’au moins 49 personnes et en blessant 700 autres.
Les nerfs sont à cran. Mais la plupart des ouvriers, cadres et employés, faisant preuve du fameux flegme britannique, disent refuser que la menace d’une nouvelle atrocité affecte leur vie quotidienne.
"Je suis plutôt nerveuse à l’idée de retourner au travail, car la ligne de train que je prends passe par Edgware Road (où a sauté une des bombes), dit Cordelia Wren, 28 ans, cadre dans la publicité.
"Je suis aussi un peu inquiète à cause des retards que je pourrais subir à cause des perturbations du service", ajoute-t-elle. Cordelia n’a pu se rendre au travail jeudi matin, parce que tout le trafic des transports londoniens était déjà suspendu.
La plupart des lignes du métro ont repris un service normal, même si certaines sont encore en partie fermées. Seule la Circle Line, au parcours circulaire, devrait rester hors-service encore plusieurs jours.
Les bus aussi circulent normalement, alors que l’image du bus à impériale, dont le toit est parti comme le couvercle d’une boîte de conserve dans l’explosion qui a tué 13 passagers, reste à l’esprit de tous.
"C’est un peu crispant de voir toutes les scènes à la télévision, surtout l’image du bus parce que j’en prends un pour aller travailler", dit Christopher Button, 20 ans, étudiant en stage dans la City, en ajoutant qu’il n’envisage même pas d’emprunter le métro.
Quelque trois millions de personnes voyagent quotidiennement par le métro de londres. Mais ces voyageurs étaient rares vendredi 8, le jour suivant les attentats, beaucoup d’usagers choqués par le carnage choisissant de rester chez eux ou de se rendre au travail à pied.
Les responsables des forces de l’ordre espèrent un plein retour dès lundi de l’activité fébrile caractéristique de Londres.
"Nous encourageons tout le monde à rejoindre son travail et à retourner dans la capitale", a déclaré Andy Trotter, chef-adjoint de la police des transports.
"Nous pensons qu’en additionnant les efforts de tous, et notamment des Londoniens, nous pouvons battre les terroristes. Si nous ne retournons pas au travail, ce sont eux qui auront gagné", a-t-il ajouté.
La majorité des Londoniens comptent sur les transports publics pour regagner leurs bureaux et disent n’avoir guère d’autre choix que celui de serrer les dents et de prendre le métro ou un bus.
Certains pourront être rassurés par la présence policière et des personnels ferroviaires, plus forte que d’habitude dans les gares.
Après un long week-end en famille en banlieue, Cordelia Wren rentre à Londres avec l’intention d’être "plus vigilante". Elle "imagine que tout le monde va l’être".
"Il faut avancer, ajoute-t-elle. On ne peut pas vivre dans la peur, on doit être Britannique, mettre un pied devant l’autre et ne pas les laisser vous battre."

Par Deborah Haynes

AFP

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