Découverte de nouvelles variations génétiques

Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers chez l’homme, dans les pays développés. 543.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde et il est responsable 200.000 décès par an selon l’Institut national français du cancer. «Quand on met ensemble les trois études c’est plus d’une dizaine de régions chromosomiques qui sont montrées être, chacune, impliquées dans la prédisposition au cancer de la prostate», a commenté pour l’AFP le Français Gilles Thomas (Instituts nationaux de la santé, Bethesda, Etats-Unis), co-auteur d’une des études. «Ces régions sont associées à une prédisposition de manière totalement indéniable. C’est important parce que cela fournit des voies de recherche», indique-t-il. Ces travaux d’équipes internationales confirment, par ailleurs, le lien entre ce cancer et des variations génétiques situées sur les chromosomes 8 et 17, identifiées précédemment.
L’étude à laquelle a participé Gilles Thomas, qui a notamment associé l’équipe française d’Olivier Cussenot (hôpital Tenon, Paris), a porté sur 1.172 patients atteints de cancer de la prostate et 1.157 cas témoins. Elle a permis d’identifier des variations génétiques liées au cancer de la prostate sur les chromosomes 7, 10 et 11. Une autre étude menée sur 1.854 patients et 1.894 cas témoins a mis en évidence des variations sur les chromosomes 3, 6, 7, 10, 11, 19 et X. Enfin, l’équipe conduite par Julius Gudmundsson (deCODE genetics), qui a étudié le profil génétique de 23.000 Islandais, a identifié deux variations sur les chromosomes 2 et X. Forte de ces travaux, la société de biotechnologie deCODE genetics annonce le lancement dimanche d’un test génétique d’évaluation du risque de cancer de la prostate.
Pour sa part, Gilles Thomas appelle « à une certaine prudence » vis-à-vis de tests génétiques pour ce cancer, « en dehors d’un programme de recherche rigoureux», dans la mesure où le niveau d’implication de chacune des régions chromosomiques identifiées « est relativement faible». «Ce sont des petites augmentations de risque, qui, prises individuellement, ne sont pas très utiles pour identifier des gens qui seraient à haut risque de développer une maladie et qu’il faudrait suivre de manière particulière», explique-t-il. Actuellement, le dépistage de ce cancer repose essentiellement sur deux types d’examen, le toucher rectal pour palper la glande, et un dosage sanguin dit «PSA» (antigène spécifique prostatique).

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