Déminage : Laâyoune fait le bilan

Faire le point sur l’opération de déminage. C’est à cela que les autorités publiques et les représentants de la population ont consacré leur réunion du mercredi, présidée par Hamid Charia, gouverneur, chargé du secrétariat général de la wilaya de Laâyoune-Boujdour-Sakiat-El Hamra. Ce dernier a rappelé que, pour faciliter l’opération de déminage, une large campagne de sensibilisation et d’information a été entamée dans toute la région afin de joindre les éleveurs de dromadaires aux efforts engagés en prévention des risques que représentent les mines. Les éleveurs à Laâyoune sont, effectivement, très nombreux, puisqu’ils sont 3484. Les autorités n’ont réussi à contacter que 1476 d’entre eux. Ce qui représente 42% du total de la population visée.
Cette réunion avait donc pour objet de trouver des solutions plus efficaces dans la lutte contre ces mines.
Définir les méthodes les plus adéquates, mais aussi offrir à la population l’occasion d’apporter ses suggestions, comme le suppose la démarche participative entre l’administration et les citoyens. C’est à l’élaboration d’une meilleure coordination qu’ont appelée les différents intervenants. Coordination à différents niveaux entre les autorités et la population, notamment, les nomades, pour mieux cibler les points noirs. Ces derniers se trouvent tout particulièrement à proximité des ceintures de sécurité. Les intervenants ont cité, à titre d’exemple, la commune rurale de Boucrâa, dans laquelle, la coordination et le travail de groupe, entre les deux partenaires a permis de définir 13 points jugés à haut risque.
En plus de la nécessité d’une meilleure coordination, parmi les obstacles qui entravent l’opération de déminage, les intervenants ont également ajouté les éléments naturels, dont la désertification et l’infiltration de l’eau. «Dans ces conditions, ont-ils précisé, les mines restent très profondément sous les sables tout en restant opérationnelles, et risquent, ainsi d’exploser à tout moment».
Le problème se complique à cause de l’inexistence des plans de pose. Le Polisario a déposé ses mines d’une manière sauvage et anarchique.
Selon un communiqué publié par les autorités marocaines, depuis le début de l’opération de déminage dans les provinces du Sud, en 1980, les démineurs marocains ont récupéré et détruit 20.469 mines anti-chars et 44.253 mines antipersonnel.  Un bon résultat qui montre l’engagement du gouvernement marocain à sécuriser cette partie du Royaume.
Depuis 1975, le nombre total des victimes enregistrées s’est élevé à 2.144, dont 534 décès. Parmi les militaires, on déplore 1933 victimes de ces engins (494 décès). Dans la population civile, le nombre de victimes atteint 211 cas, dans lesquels figurent 40 décès, sans compter d’autres dégâts liés notamment aux blessures que subissent les animaux en raison de ces mines.
Lors de chaque détection d’éventuelles mines par la population, les unités concernées se rendent sur place, pour procéder systématiquement à l’identification des objets trouvés, et à leur destruction.
Une opération à laquelle sont associés les observateurs onusiens, comme le stipule l’Accord militaire N°3, signé dans ce cadre.
Rappelons que les mines antipersonnel ont entraîné la mort, en janvier dernier, de Mohamed Lamine Ould Lamghimid, député au Parlement marocain, et Mohamed Khatri Joummani, député et membre du Corcas. Une guerre acharnée est, à présent, déclarée contre ces mines.

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