Des faux-monnayeurs devant la justice

Des faux billets de 200 dirhams circulent à Casablanca. Cette information a été recueillie, au mois de ramadan, par les éléments de la première brigade criminelle près la police judiciaire de Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ. L’indicateur qui a révélé cette information a mis l’index sur un jeune homme. Seulement, les limiers ne disposent pas de preuves concrètes pour le mettre en cause et effectuer chez lui une perquisition et l’arrêter. La loi est la loi, elle ne doit pas être bafouée. Il faut au moins pour les enquêteurs avoir quelques exemplaires des faux billets pour entamer leur enquête. Pour ce faire, l’indic n’est pas resté les mains croisées. Il a fait son possible pour en avoir. Seulement, il n’en est parvenu que dernièrement. Sans attendre, il a mis trois billets de deux cents dirhams entre les mains des enquêteurs. Du première touche, le chef de la brigade s’est convaincu qu’ils ne sont pas authentiques. Et en les scrutant, il a remarqué qu’ils portent le même numéro de série. Aussitôt, les éléments de la brigade criminelle ont mené une surveillance sur les lieux fréquentés par le jeune homme montrée par l’indicateur. Elle est soldée par le repérage de Nourredine à Hay Hassani et son arrestation en possession de 38 faux billets de 50 dirhams, portant le même numéro de série. Âgé de trente ans, Nouredine n’a pas dépassé le niveau de la 5ème année d’enseignement fondamental. Issu de Safi, il n’a regagné Casablanca que depuis huit mois après avoir passé à trois reprises des peines d’emprisonnement ferme. Pourquoi ? Depuis qu’il a quitté l’école et a dépassé son adolescence en se débrouillant à gauche et à droite, Nourredine s’est noyé dans le monde de trafic de boissons alcoolisées. Bref, il était un « guerrab » à servir les soûlards à Safi. L’une activité qui lui a valu trois peines d’emprisonnement. Une, en 1998, dont il a purgé un mois ferme; la deuxième, en 1999, qui lui a coûté trois mois ferme et la troisième en 2002, dont il a écopé de la même peine. A sa dernière libération, il a décidé de quitter sa ville natale pour Casablanca. L’objectif ? Contrefaire les billets de banque et les faire circuler. Comment l’idée lui est venue ? Quand il était en prison, il a rencontré des détenus qui purgent des peines d’emprisonnement pour falsification de billets de banque. Ces derniers lui ont appris le « métier » qui lui semble très facile et l’ont convaincu qu’il rapporte gros, mieux que le trafic de boissons alcoolisées. Une fois à Casablanca, Nouredine a loué une maison, a acheté un ordinateur, scanner et imprimante contre 12 mille dirhams. La première expérience était réussite. Il est arrivé à contrefaire des billets de 50, 100 et 200 dirhams. Et le travail s’ensuit. Il ne se passe pas un jour sans qu’il contrefait des billets et se rend chez des marchands pour acheter une marchandise et empoche la monnaie authentique qu’ils lui rendent. En l’été dernier, il a rencontré Wadie. A. C’est un jeune de vingt-neuf ans, sans profession, en besoin d’argent. Quand Nourredine lui a proposé de l’aider à faire circuler les faux billets, il a acepté tout de suite. Depuis, Nourredine et Wadie ne cessent de mettre en circulation des faux billets d’une valeur de 2 mille dirhams par jour, selon leurs déclarations devant les enquêteurs. Une surveillance permanente sur le domicile de Wadie a fini par son arrestation en possession de 69.000 dirhams en faux billets de 50, 100 et 200 dirhams. Nourredine a déclaré aux enquêteurs avoir sollicité trois autres personnes ; une fille, le propriétaire d’un débit de boissons et un employé de l’hypermarché Makro de Bouskoura, pour l’aider à circuler les faux billets. Arrêtés, ces derniers ont nié être leurs complices. La jeune fille, âgée de vingt et un ans a expliqué aux enquêteurs qu’elle était sa fiancée et qu’elle l’a abandonné par la suite. Le deuxième a précisé aux enquêteurs qu’il ne s’agit que d’un règlement de comptes. Alors que l’employé de Makro a précisé avoir reçu une somme de 80 mille dirhams qu’illui a remise par la suite. Les cinq mis en cause ont été traduits, dimanche dernier devant la Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca.

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