Des métiers et des gens : Vous avez dit logisticienne ?

Des métiers et des gens : Vous avez dit logisticienne ?

La logistique vous passionne? Rendez-vous du 23 au 25 novembre au Centre d’expositions et de conférences de Casablanca pour la deuxième édition de Logima, le salon de la chaîne logistique. Avec en prime la chance d’y rencontrer Élodie, 26 ans, logisticienne pour une firme pharmaceutique suisse implantée à Casablanca. L’occasion d’approfondir vos connaissances en la matière, sachant que la maîtrise de la chaîne logistique constitue un formidable avantage concurrentiel.
Elodie confirme : il s’agit là d’un secteur à part entière avec ses techniques, ses méthodes, ses acteurs et ses métiers. En précisant que l’évolution du poids économique de ce secteur, sa contribution au développement territorial, son potentiel de croissance et de création d’emplois en font une activité vitale : pour les entreprises en particulier et pour le pays en général.
La fonction logistique se traduit en fait par la gestion des stocks (matières premières, consommables, composants, produits finis) abordée en termes de flux. Pour Elodie, il s’agit en outre de tenir compte des spécificités de l’industrie pharmaceutique: cela va des produits dits critiques qui doivent faire l’objet de stocks de sécurité aux composantes à faible valeur ajoutée qui doivent être commandés en grande quantité, en passant par les médicaments auxquels il s’agit de faire prendre le chemin de la sortie vers les hôpitaux et les pharmacies.
Comment s’est-elle retrouvée à Casablanca ? Par des études en commerce international qui la conduisent, de sa Suisse natale, en France puis en Allemagne. Puis elle a la chance de décrocher un stage de fin d’études dans l’entreprise qui l’emploie actuellement. Son stage est confirmé par une embauche, qui la retiendra en Suisse durant 3 ans. Jusque-là, ses contacts avec les sites de production se font par le biais de l’informatique. Mais elle se sent prête à aller plus loin dans la pratique de son métier.
Aussi lorsque l’opportunité s’était présentée, elle n’hésite pas. Par un beau matin d’hiver où on lui annonce en effet que la filiale casablancaise a besoin d’une logisticienne. La responsable du service étant mobilisée par le projet l’installation d’un nouveau système informatique, il faut quelqu’un pour assurer l’intérim. Élodie rêvait d’un poste qui lui garantirait de bonnes perspectives de développement professionnel et personnel.  Elle a tout de suite l’intuition que le Maroc est la bonne pioche.
Dans le genre décidée, Elodie ne craint personne on dirait. Son départ et son installation se font en six semaines. Pour elle, cette mission d’une année au Maroc est l’idéal : un poste de responsabilité mais avec le filet de sécurité du statut d’apprentie et sous la supervision d’une professionnelle aguerrie, cela l’enthousiasme, la rassure et la réjouit.
Elodie s’est installée à Casablanca il y a six mois. Comme elle n’avait du Maroc que des images conventionnelles ( Agadir, Jamaa El Fna, les souks), tout ce qu’elle en découvre la séduit.  D’autant qu’elle n’est pas étrangère à l’idée de destin telle que pratiquée par les Marocains, ce qui lui fait aborder son séjour avec une philosophie qui doit très peu à la logique d’expatriation : «Je ne suis pas une touriste, affirme-t-elle, tenez-en compte s’il vous plaît ! Si je n’avais pas ressenti le plaisir de vivre ici, je ne serais pas venue y travailler…»
A son arrivée, elle est très agréablement surprise par la chaleur de l’accueil, par la générosité des gens et surtout par la culture professionnelle de ses collaborateurs. Sa découverte des Marocaines et des Marocains au travail l’enchante : elle ne tarit pas d’éloges sur ses collègues dont la connaissance approfondie de leurs métiers se double d’une sincère convivialité. «J’ai été initiée au rituel des salutations matinales, une clé très marocaine n’est-ce pas ? Du coup, je me suis mise à faire pareil, ce qui m’a valu je crois d’être rapidement adoptée… » Sa seule mauvaise impression du Maroc n’est d’ailleurs pas liée à son métier. Elle découle de ce qu’elle appelle le «touristisme», cette déformation malsaine de la tradition marocaine d’hospitalité : «Il vaut mieux ne pas paraître étrangère si on veut découvrir les souks en paix…», conclut-elle.
A quelques mois de la fin de sa mission au Maroc, Élodie commence à faire le point. Pratiquer son métier à un poste de responsabilité l’a aiguisée, en plus de lui avoir permis d’accumuler une expérience précieuse. «Il me reste, dit-elle, à construire sur cette base que j’ai patiemment consolidée», sachant qu’elle a, souligne-t-elle, «encore à apprendre et à donner». Décidée et non moins prudente, elle est certes consciente d’avoir fait le tour de son métier mais elle se dit que le moment n’est pas encore venu de passer à autre chose. «Je suis passionnée de commerce international. Je me verrais bien dans un autre métier relevant de cet univers même si je ne sais pas encore lequel», déclare Elodie, qui avoue finalement, dans un sourire, rêver «de comptoirs lointains, de grands voiliers chargés de produits rares et précieux, de caravanes traversant des territoires inconnus, du commerce comme il se pratiquait aux premiers temps des échanges entre continents ». Le vrai métier d’Elodie ne serait-t-elle donc pas celui que l’on croyait ? Ses voyages ne font sans doute que commencer…

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