Deux Guinéens derrière les barreaux

Deux Guinéens derrière les barreaux

Jules et Joseph, deux ressortissants guinéens, rêvaient de l’eldorado de l’autre rive de la Méditerranée. Ils ont débarqué légalement, au cours du mois d’avril dernier, au Maroc. Après avoir dépensé tout l’argent dont ils disposaient, il leur a fallu chercher un moyen leur permettant de gagner beaucoup d’argent dans un laps de temps pour pouvoir passer le détroit vers l’Europe. Ce continent qui a charmé des millions de jeunes Africains et continue d’envoûter d’autres en quête d’une vie meilleure.
Deux options se présentaient à eux : trouver un passeur assurant leur passage à bord des «pateras de la mort» soit fabriquer de faux-papiers.
En attendant de trouver le moyen de rassembler l’argent nécessaire à leur voyage, ils menaient une vie normale au quartier Al Azhari, à Al Oulfa; préfecture des arrondissements de Hay Hassani-Aïn Chok à Casablanca, où ils ont loué une chambre.
Au fil des jours, ils se sont fait des amis dans le quartier. Parmi eux, les voisins et leurs concitoyens. Mais, l’idée d’arriver au-delà de la Méditerranée leur hantait l’esprit. De temps en temps, ils faisaient un peu de commerce. Parfois, ils sont obligés à mendier dans les rues de la grande métropole. Cependant, ceci ne leur rapportait pas grand chose. Ils décident alors de recourir à un autre moyen qui permet de ramasser plus d’argent. Il s’agit d’arnaquer quelques victimes dupes en utilisant de faux-billets. 
Ils passent alors à l’action : durant plusieurs jours et nuits, ils coupaient des milliers de papiers en format de billets de banque. Ils les ont saupoudrés avec du talc et la teinture antiseptique Betadine pour qu’ils deviennent noirs. Un jour, ils sont sortis à la chasse d’une première victime.  En route, ils ont croisé un jeune homme, Nourredine, au centre-ville. Jules s’est présenté.
Les deux hommes bavardaient et discutaient de tout et de rien. Puis, après avoir demandé un café noir, Jules expliquait à Nourredine qu’il a un projet nécessitant une somme d’argent mais malheureusement, il est fauché.
Il  cherchait alors une personne avec laquelle il peut s’associer. Au milieu de la discussion, Joseph rejoint son ami à la table. Les deux Guinéens prétendaient pouvoir transformer de faux billets de couleur noire en billets authentiques après l’aspersion de la liasse des billets d’un mystérieux liquide chimique. Ils ont demandé à Nourredine une somme de 500 mille dirhams pour acheter ce produit chimique. En contrepartie, ils lui verseraient 1 million de dirhams. Pour le convaincre, ils l’ont invité à venir chez eux pour lui faire une démonstration.
Dans un seau rempli d’un liquide en effervescence (soude), Jules a trempé un billet noir qui s’est transformé en billet de 200 dirhams quelques secondes plus tard.
Nourredine, ayant lu une affaire d’escroquerie de ce genre dans les colonnes d’un journal, n’est pas tombé dans leur piège. Il leur avait dit qu’il ne dispose pas de cette grande somme d’argent mais leur a promis de faire venir une autre personne.
En sortant de chez eux, Nouredine s’est rendu chez la police pour dénoncer les arnaqueurs. Un élément de la 4ème section judiciaire de la brigade urbaine de la police judiciaire de Casablanca-Anfa s’est chargé de rencontrer les escrocs guinéens. Il s’est présenté devant eux comme un ressortissant marocain à l’étranger qui ne dispose que de 200 mille dirhams.
Le marché conclu, ils ont passé à la démonstration. En les quittant pour leur emmener de l’argent, le limier est retourné avec d’autres éléments de la brigade pour les arrêter et les conduire devant la justice. Les deux compères ont été déférés devant la justice. Ils ont avoué qu’ils projetaient ramasser un peu d’argent pour pouvoir regagner l’Europe à partir du territoire marocain où ils ont séjourné pendant trois mois dans la grande métropole.

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