Driss Jettou : plaidoyer pour un bilan

Driss Jettou : plaidoyer pour un bilan

Driss Jettou est globalement satisfait des cinq ans de mandat de son gouvernement. Mardi soir à Rabat, lors d’une rencontre avec la presse, il a exposé les principaux dossiers qui ont été au centre de l’action de son équipe et les chantiers qu’il reste à mener à bien en 2007 et au-delà. «Nous disons simplement comment nous voyons le Maroc en 2012», a déclaré le Premier ministre pour résumer son intervention qui a été axée sur les principales réalisations de ces cinq dernières années. Il a ainsi évoqué, chiffres à l’appui, douze principaux dossiers dont le maintien d’une croissance annuelle supérieure à 5 % (et prévision de 7,3 à 7,5 % pour 2007), d’une inflation à 3 % et d’un déficit inférieur à 2 % malgré le fardeau que représente toujours la Caisse de compensation et la baisse des recettes de la privatisation. Driss Jettou a également tenu à faire le listing de tous les secteurs qui ont dopé l’économie nationale et notamment le bâtiment, l’habitat, les grands chantiers, les phosphates, la reprise du textile, le tourisme, mais également l’activité des établissements publics. Pour le Premier ministre, ces établissements, naguère sources de tracas et de polémique, font office de locomotive pour le développement du pays.
Driss Jettou a aussi évoqué la hausse des exportations (le seuil de 100 milliards USD atteint pour la première fois en novembre 2006), mais aussi les hausses des recettes fiscales (IS et TVA en particulier).
Avec tout ce qui a été fait, le gouvernement n’est pas au bout de sa mission. D’autres chantiers feront l’objet de l’intervention de ce dernier pour les mois à venir et notamment en ce qui concerne le social : monde rural, éducation et formation, couverture sociale et, évidemment, l’organisation des élections.
Pour l’éducation, le Maroc aura besoin d’engager un financement de l’ordre de 34 milliards DH et trouver surtout une solution pour que 160.000 élèves ne quittent plus, chaque année, les établissements scolaires. Il sera également question de réduire la fracture numérique à travers le projet "Genie", réussir la formation de 10.000 ingénieurs par an et persévérer dans la concrétisation des programmes "Ta’hil, Idmaj et Moukawalati. Rien qu’en 2007, promet Driss Jettou, 2.600 Km de routes rurales seront construits pour accélérer le désenclavement des zones rurales. Mais il sera également question de détruire 25.000 bidonvilles en 2007. Pour la couverture médicale, le Premier ministre a promis le lancement, simultanément dans les semaines à venir, du RAMED et de Himaya (pour les professions libérales).
«D’autres chantiers non moins importants, admet Driss Jettou, attendent le gouvernement en 2007. Il s’agit tout d’abord de mener à bien les réformes de l’administration, faire adopter les lois nécessaires pour la moralisation de la vie publique (déclarations de patrimoine, lutte contre le blanchiment et la corruption…), faire face aux défis de l’énergie et de l’environnement et mettre en place une politique de l’eau». Sans oublier le renforcement de l’attractivité du Maroc, la réforme tarifaire et les grands projets d’assainissement liquide (10 millions de personnes dans 260 communes).
Driss Jettou a déclaré qu’il présentera, au moment opportun, son bilan devant le Parlement et sur les médias publics si nécessaire. Il a déclaré que c’est un bilan que sa majorité pourrait s’approprier et défendre lors de la campagne électorale.


 Nichane : les aveux de Jettou

«Ce dossier nous a été imposé par l’actualité et c’est une décision que j’aurais aimé ne jamais avoir à prendre», c’est ainsi que Driss Jettou répond aux reproches qui lui avaient été adressés concernant l’interdiction, puis le procès de l’hebdomadaire "Nichane". «Nous sommes un gouvernement responsable et je suis pour la liberté d’opinion, d’expression et de presse», déclare le Premier ministre qui ajoute que «la crise a été dépassée grâce à la compréhension et la sagesse de tout le monde. En tant que gouvernement, nous ne prenons pas toujours les décisions qui nous plaisent, mais celles qui oeuvrent pour l’intérêt général», admet Driss Jettou. Ce dernier a d’ailleurs promis de faire de son mieux pour que le projet de loi réformant l’actuel Code de la presse atterrisse au Parlement dans les meilleurs délais. «Nous méritons une loi de même qualité, et de même niveau, que les autres pays», déclare le Premier ministre qui affirme qu’il est en train d’étudier la proposition qui lui avait été soumise après une série de tractations entre les professionnels et les départements concernés.


Des élections sous le signe du consensus

Les partis politiques, toutes sensibilités confondues, seront consultés prochainement autour de deux questions primordiales relatives aux élections de 2007 : le découpage et la date du passage aux urnes. C’est ce qu’a promis le Premier ministre qui affirme qu’il n’a aucunement l’intention de rallier un parti politique. «J’ai été chargé d’une mission par Sa Majesté le Roi et je n’ai pas d’autre ambition que de la réussir avec un gouvernement et une majorité», conclut-il. «Pour le découpage électoral, on gardera les 92 circonscriptions avec les quelques ajustements nécessaires», déclare Driss Jettou. Ce dernier ajoute que deux dates sont déjà retenues et que le gouvernement sera fixé après les concertations avec les partis : début juillet ou début septembre.
«Le Maroc sera dirigé par une coalition», affirme M. Jettou qui ajoute que l’actuelle majorité gouvernementale «risque de revenir si elle s’attaque, unie, aux prochaines élections». «Le PJD au sein d’une coalition n’est pas une catastrophe», affirme encore Driss Jettou qui insiste sur le fait que «le Maroc est bien orienté et (que) c’est aux Marocains de protéger leurs acquis». Pour Driss Jettou, s’exprimant sur le scrutin du 8 septembre 2006, c’est aux partis politiques d’assumer leurs responsabilités en choisissant des candidats honnêtes et intégres.

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