Economie de solidarité

Abderrahmane Youssoufi qui n’est pas un grand habitué des arcanes du Parlement aura saisi cette occasion pour rappeler ses précédents passages devant les représentants de la nation. Notamment ceux d’avril 1998 à l’occasion de la première déclaration gouvernementale à l’ère de l’alternance, de janvier 2000 pour un bilan d’étape de l’action du gouvernement et ceux opérés dans le cadre de la présentation des grandes réformes, comme le plan de développement économique et social 2000-2004.
Cette fois-ci, c’est un volet qui tient particulièrement à coeur au gouvernement et au Premier ministre qui suscite le déplacement de M. Youssoufi. Le projet de code de couverture sanitaire de base, que le Premier ministre place en tête des préoccupations du volet social et des efforts entrepris dans le cadre de ce qu’il a qualifié d’économie de solidarité.
En prenant le soin de laisser la porte grande ouverte à toutes les concertations nécessaires avec les centrales syndicales, les organisations professionnelles et toutes les parties concernées directement ou indirectement par cette réforme, M. Youssoufi a donné les grandes lignes du projet gouvernemental.
Il s’agit d’oeuvrer progressivement à élargir le cadre de la couverture sanitaire à travers la mise en place d’un régime d’assurance-maladie obligatoire à l’attention des personnes actives, des bénéficiaires de pension et des étudiants. Les personnes à faibles revenus pourront pour leur part bénéficier d’un système d’assistance médicale basé sur les principes du soutien social et de la solidarité nationale.
Le texte du projet, a indiqué le Premier ministre, prévoit la détermination des bénéficiaires des deux régimes mentionnés, l’inventaire des services garantis, le mode de financement de l’assurance maladie obligatoire et du système d’assistance médicale, la définition des organismes gestionnaires de l’assurance obligatoire dans les secteurs privé et public, à savoir la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS), les mécanismes d’encadrement du système l’Agence nationale d’assurance sanitaire, ainsi que d’autres dispositions relatives au recouvrement, à la conclusion de convention, au contrôle médical et à la gestion de la période de transition. Il reviendra aux membres du gouvernement directement concernés par le projet, de détailler les différentes mesures et les mécanismes à l’attention des parlementaires. En attendant, Abderrahmane Youssoufi n’a pas manqué d’évoquer l’impact bénéfique du projet sur le développement du milieu rural, à travers la facilitation de l’accès aux services médicaux de base. Une transition tout indiquée, lors d’une intervention qui a pris des allures de bilan final du gouvernement de l’alternance, vers les initiatives prises par l’exécutif dans les domaines du social et de la promotion de l’emploi. A cet égard le Premier ministre a rappelé l’allocation, dans le cadre du plan de développement 2000-2004, d’une enveloppe de 1 milliard de Dh pour la lutte contre la pauvreté. Il a également fait état de l’action de l’Agence de développement social, du Fonds Hassan II pour le développement économique et social et des initiatives prises dans le cadre du programme de lutte contre les effets de la sécheresse et du programme de développement décentralisé.
M. Youssoufi est également revenu sur la politique économique et sociale du gouvernement avec ses volets d’initiative pour l’emploi, de formation qualifiante, de crédits aux jeunes promoteurs et entrepreneurs, d’auto-emploi et de cadre incitatif pour les investisseurs. Des efforts, a-t-il conclu- sur lesquels vient se greffer le nouveau code de couverture sanitaire de base pour consolider davantage le concept d’économie de solidarité.

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