El Fassi souffle le chaud et le froid

El Fassi souffle le chaud et le froid

La sortie médiatique tant attendue d’Abbas El Fassi sur 2M, mercredi soir, a déçu bon nombre d’observateurs. Invité de l’émission "Likoulli Nass", animée par notre confrère Abdessamad Bencherif, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal est bien évidemment revenu sur la journée du 8 avril, date de l’élection du président de la Chambre des représentants, qui a permis à Abdelouahed Radi d’être reconduit. Abbas El Fassi a expliqué que la présentation d’un candidat istiqlalien à ce poste, en l’occurrence Abdelhamid Aouad, est un droit constitutionnel pour n’importe quel parti, mais aussi un droit politique puisque son parti compte le plus grand nombre de députés.
En fait, à travers l’émission "Likoulli Nass" le ministre d’Etat avait deux principaux messages à transmettre à la classe politique.
Tout d’abord, concernant la Koutla, Abbas El Fassi ne veut pas polémiquer.
Il a réitéré son attachement indéfectible à cette coalition qui sera appelé, selon lui, à s’élargir à d’autres formations politiques, autres que l’USFP, le PPS et l’Istiqlal. Cette position mérite un temps d’arrêt. La question première qui vient à l’esprit est de savoir à quoi sert la Koutla. Du temps de Feu Hassan II et de ce qui est communément appelé "système Basri", la Koutla avait une raison d’être, une mission: instaurer les règles d’une véritable démocratie.
Depuis le gouvernement d’alternance, et surtout à la lumière de l’expérience peu reluisante du duo Istiqlal-PI (les exemples de divergences de points de vue ne manquent pas), certains se demandent pourquoi l’Istiqlal (et même l’USFP) s’entêtent à sauver cette Koutla ou "mariage catholique" comme l’a qualifié Feu Allal El Fassi.
En tout cas, ce choix stratégique de l’Istiqlal semble être irrévocable et indiscutable. Et finalement, seuls les militants istiqlaliens ont le droit de le critiquer.
Le deuxième message d’Abbas El Fassi est adressé aux députés des groupes de la majorité et de l’opposition qui ont voté pour Abdelhamid Aouad, le 8 avril 2005. "Je remercie tous les députés qui ont accordé leur confiance au candidat de l’Istiqlal et je les invite à rejoindre le plus tôt possible mon parti".
Voici en substance ce que le secrétaire général a affirmé le mercredi soir sur le plateau de 2M. Tout le monde ignore bien évidemment qui sont ces mystérieux députés. Mais les observateurs soupçonnent essentiellement certains députés de la mouvance populaire, et à moindre mesure du RNI. En somme, la course au recrutement est officiellement annoncée par l’Istiqlal. En préparation des élections de 2007, cette formation a déjà raflé énormément de députés et de conseillers communaux.
L’Istiqlal compte taper fort. La révision du mode de scrutin est une de ses priorités. Le secrétaire général l’a rappelé lors de l’émission de 2M. Abbas El Fassi ne cache d’ailleurs pas l’aversion qu’il éprouve au système de liste. Et pour éviter une balkanisation du champ politique, le meilleur moyen est d’instaurer un seuil de représentativité, non pas de 3% comme c’est le cas aujourd’hui, mais de 5%.
En clair, dans les circonscriptions où l’Istiqlal est absent, le meilleur moyen de les combler c’est "d’ouvrir les bras du parti à des élus d’autres formations".

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