El Mundo en flagrant délit

Contrairement à ce qui a été annoncé, récemment, par la presse espagnole, l’ex-chef du gouvernement de l’Etat ibérique, Felipe Gonzalez n’a pas rencontré discrètement dimanche SM le Roi Mohammed VI et le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, « alors que les deux pays traversent une crise diplomatique depuis quatre mois », comme il a été avancé lundi dans le quotidien madrilène El Mundo.
Cette information a été démentie aussi bien par le porte-parole du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et proche collaborateur de Felipe Gonzalez, Joaquin Tagar, que par l’organe de presse arabophone de l’USFP.
Selon El Mundo, M. Gonzalez, qui a dirigé le gouvernement socialiste espagnol de 1982 à 1996 avant d’être battu aux élections par le conservateur José Maria Aznar, se serait réuni pendant deux heures dimanche matin avec M. Youssoufi dans un hôtel de Tanger. Les deux hommes, ajoute la mise en scène espagnole, ont ensuite pris l’avion pour Rabat où ils ont été reçus ensemble par Mohamed VI.
Dans le même registre de spéculation abstraite, le journal affirme que M. Gonzalez n’a pas informé le gouvernement espagnol de cette brève visite, au cours de laquelle il aurait abordé avec M. Youssoufi la question du retour à Madrid de l’ambassadeur marocain, dont le rappel par Rabat le 27 octobre 2001 avait marqué le début d’une grave crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc.
Et d’ajouter sur la même voie, à savoir celle du rêve éveillé, que la position du gouvernement Aznar sur la question du Sahara marocain, jugée par Rabat trop favorable aux séparatistes du Front Polisario, et d’autres contentieux sur la pêche, l’immigration clandestine et les critiques de plusieurs médias espagnols à SM. Mohamed VI avaient déclenché ce brusque regain de tension entre les deux pays voisins.
Ce qui est vrai, mais exploité à des fins qui répondent aux intérêts d’El Mundo, voilés et dévoilés. Le journal a par ailleurs rappeler, pour rendre sa version crédible, qu’en décembre, le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), José Luis Rodriguez Zapatero, avait été reçu très chaleureusement à Rabat. Cette visite avait fait enrager le gouvernement Aznar, dit-il, qui avait accusé le PSOE d’ingérence dans la politique extérieure de l’Espagne .
D’après le journal madrilène proche de l’Exécutif, le gouvernement marocain préparerait actuellement le retour à Madrid de son ambassadeur, mais chercherait à «donner une leçon» à M. Aznar en présentant ce retour comme étant l’oeuvre de M. Gonzalez, qui maintient d’étroites relations avec la famille royale marocaine, et de l’opposition socialiste espagnole.

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