Enfance violée

Le mois de juillet tire sur sa fin. Il est une heure du matin et Majda, treize ans, vient d’arriver à la gare routière de Kasbat Tadla, sa destination finale. Elle revient à peine d’un séjour chez sa tante à Agadir. Elle y a passé une dizaine de jours, profitant du soleil et de la compagnie de ses cousines et cousins. Elle n’avait jamais passé d’aussi bonnes vacances et aurait voulu prolonger un peu plus son plaisir. Mais il lui a fallu rentrer. A Kasbat Tadla, une vingtaine de voyageurs sont descendus en même temps qu’elle. Majda s’est pourtant rapidement retrouvée seule, personne ne s’étant préoccupée de cette fillette de 13 ans non accompagnée.
En quelques secondes, la gare et les rues sont devenues désertes et obscures. Cette nuit-là, il n’y avait même pas un taxi pour enmener Majda chez elle, les chauffeurs étant en grève. La jeune fille, dont l’allure laissait penser qu’elle était plus âgée qu’en réalité s’est donc aventurée dans la ville. Majda est une jolie fillette avec ses cheveux qu’elle attache en chignon, ses sourcils fins et délicats, ses yeux couleur noisettes et ses joues rondes. Vêtue d’une jupe et d’un tee-shirt, elle avance lentement comme si elle ne savait pas où aller. Elle a peur et entend son coeur battre de plus en plus fort. Elle a bien tenté de joindre un de ses frères mais en vain.
Majda s’est à peine éloignée de quelques centaines de mètres de la gare lorsqu’elle aperçoit un veilleur de nuit qui lui sourit. Puis ce dernier finit par l’appeler. Majda ralentit alors le pas. «Où vas-tu à cette heure tardive ?», lui demande-t-il. «Je rentre chez moi», lui répond-t-elle. «Mais le chemin est très long et tu risques de tomber entre les mains de clochards», lui affirme-t-il. Majda le sait et le veilleur lui propose de rester avec lui jusqu’au lever du jour. Il l’invite même chez lui, avec «(sa) femme et (ses) enfants». Majda ne dit rien mais l’idée semble lui plaire. «D’accord», lui répond-elle finalement avec une grande timidité. La maison du veilleur n’est apparemment qu’à quelques mètres de là et Majda suit celui qu’elle croit être son sauveur. Tous deux atteignent effectivement une maison à deux étages.
Hamid a quarante-deux ans. Il entraîne Majda au premier étage, et la fait entrer dans une chambre où sa femme et ses enfants sont censés dormir. Il verrouille la porte et la fillette, plongée dans l’obscurité, réussit à allumer la lumière. Stupeur : il n’y a personne dans la pièce. Elle ne sait quoi faire et se recroqueville dans un coin. Terrorisée, elle n’ose pas crier. Et finit par s’endormir. Le lendemain, il est midi lorsque le bruit de la porte la réveille. Hamid est là. Majda lui demande pourquoi sa femme et ses enfants ne sont pas là. «Si je t’avais dit que je vivais seul, tu ne m’aurais pas accompagné», lui explique-t-il. La fillette veut rentrer chez elle. «Mais non, ma belle, on va d’abord rigoler un peu», lui dit-il, tandis que Majda fond en larmes. Hamid lui demande de se taire et devient plus menaçant. La fillette le supplie de la laisser. En vain. Hamid sort un couteau. Il lui ôte les vêtements, commence par l’embrasser. Puis le monstre viole la jeune fille à plusieurs reprises. Elle saigne et se met à hurler, au point d’interpeller les voisins qui arrivent et alertent la police. Hamid est arrêté et attend encore d’être jugé. Est-il au moins conscient qu’il a détruit la vie d’une enfant ?

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