Enquête : Abderrahman Yazidi épingle PEVAP

Enquête : Abderrahman Yazidi épingle PEVAP

ALM :Quelle a été la réaction de votre syndicat après la déclaration des cas de paludisme?
Abderrahman Yazidi : Premièrement, le syndicat a tenu à venir en aide aux marins qui souffrent du paludisme, et qui ont été abandonnés sur le quai du port d’Agadir par la société PEVAP. Les marins ont été hospitalisés à Agadir. L’un d’eux est mort en Guinée équatoriale et un autre est décédé vendredi dernier à Agadir. Je tiens à préciser que ces marins n’ont pas été vaccinés contre la malaria avant leur départ à destination de ce pays africain. Il est connu que cette maladie grave sévit dans cette région. La société était alors dans l’obligation de faire vacciner ses marins avant de prendre le large. Nous avons également apporté assistance aux familles des victimes décédées. Le syndicat a aussi avisé la délégation des pêches maritime, le ministère de la pêche et les autorités locales.

La société nie toute responsabilité dans cette affaire. Elle a affirmé qu’elle a ordonné à ses marins de ne pas quitter le bateau. Chose qui n’a pas été respectée. Qu’en dites-vous ?
La société PEVAP est responsable de cette situation dramatique. Et ceci pour plusieurs raisons. Le marin qui est décédé en Guinée équatoriale a contracté la maladie du paludisme à bord du bateau. Le navire était mouillé près de la côte et donc était exposé aux moustiques. Il convient de noter que les marins ne pouvaient quitter le bateau que sur autorisation du capitaine et de la société. Par ailleurs, le pauvre souffrait pendant plus de dix jours dans le bateau. Il n’a été conduit à l’hôpital de la ville de Bata, que lorsque son état de santé s’est aggravé. Il est mort un jour après. Si les marins étaient vaccinés, ils n’auraient pas attrapé la maladie. En outre, la société n’a pas pris en charge les soins des marins hospitalisés après leur retour. Jusqu’à ce jour, ils n’ont pas été remboursés. La société a mis en danger leur vie. Elle est donc responsable et doit assumer ses responsabilités. La société a commis une grave erreur en omettant de déclarer les cas de maladie de malaria aux autorités sanitaires.

Et la responsabilité des autorités sanitaires dans cette affaire…
Selon le Dahir du 15 janvier 1916 portant la réorganisation de la police sanitaire maritime, tout navire arrivant au Maroc doit subir un contrôle avant son entrée. L’article 18 stipule que "Tout navire qui arrive dans un port du Maroc doit, avant toute communication, être reconnu, et, s’il y a lieu, arraisonné par l’autorité sanitaire. Cette opération obligatoire a pour objet de constater la convenance du navire et les conditions sanitaires dans lesquelles il se présente." Les navires de cette société n’ont pas été soumis à ce contrôle. 

Que pouvez dire sur l’état des bateaux de la société ?
La plupart des bateaux ne sont pas en état de navigabilité. Au moins trois navires présentent le risque des voies d’eau. Ceci met en danger la vie des marins. Ils ne sont pas conformes à tous les règlements et normes en vigueur.

Que prévoit le code maritime dans de pareils incidents ?
L’article 189 du code maritime oblige l’armateur à soigner les marins qui tombent malades à bord du bateau. Son entreprise doit prendre en charge tous les soins médicaux.

Est-ce que vous comptez porter l’affaire en justice ?
Bien sûr! Les marins sont déterminés à porter plainte contre la société pour exposition au danger et non-assistance aux personnes malades. Les démarches ont été entreprises. On a contacté un avocat. Le début de la semaine prochaine, nous entamerons la procédure au début de la semaine prochaine.

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