Événement : Cadrage : L’année de la Moudawana…

Il y a 92 ans, le 8 mars 1911, était célébrée pour la première fois, la Journée internationale des femmes en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Suisse et aux Etats-Unis, avant d’être élargie, trois ans après, aux différentes nations européennes.
Pourtant, l’origine de la célébration du 8 mars en tant que journée internationale des femmes remonte à 1908, aux Etats-Unis, lorsque deux militantes du Parti socialiste profitent de l’absence de l’orateur principal de cette formation pour monter sur la tribune et dénoncer l’exploitation des ouvrières sous-payées qui n’ont pas le droit de vote et qui sont privées de leurs droits les plus élémentaires. Au Maroc, les premières voix féminines appelant à l’émancipation et à l’égalité des chances et des droits entre les deux sexes se sont élevées au lendemain de l’Indépendance. Ayant milité pour le départ du colonisateur et la libération du pays, les femmes marocaines aspiraient à ce que cette attitude équivalente à celle des hommes soit récompensée par une reconnaissance de leur droit à l’égalité. Ce fut l’initiation de fameux débat sur le Code de Statut Personnel (Moudawana) et qui allait durer un demi-siècle sans que la société marocaine puisse pour autant parvenir à s’offrir un texte moderne et compatible avec l’ambition du développement qu’elle s’est fixée pour objectif.
Il y eut certes, une première tentative en 1958, une autre en 1993 et celle, actuellement en cours, et dont les résultats tardent à venir, faute d’un consensus, dit-on.
D’ailleurs, si l’on devait dresser un bilan de notre « année féminine » (du 8 mars 2002 au 8 mars 2003) qui vient de s’écouler, on retiendra cet ajournement dans l’aboutissement des travaux de la Commission consultative pour la réforme de la Moudawana comme l’un des points à mettre sur le passif de la société marocaine. Car, chaque jour qui passe alors que nous hésitons à instaurer un nouveau cadre juridique de la Famille respectueuse des droits universels de la femme, retarde notre marche vers un Etat moderne, prospère et développé.
Une responsabilité qui implique toutes les composantes de notre société. Politiciens, penseurs, société civile et décideurs sont tenus de « trancher » une fois pour toutes sur une question qui ne fait plus partie des décisions de « luxe politique » que l’on peut s’offrir le moment voulu pour se doter d’une image positive vis-à-vis de l’autre. C’est désormais une question d’être ou de ne pas être. Être au diapason des nations modernes, ou se cloîtrer dans un statut de pays rétrograde attaché à des règles incompatibles avec l’ère qu’il vit.
La Commission chargée de la révision qui a eu deux présidents et deux échéances cette année devrait accélérer ses travaux, non pas avec précipitation mais avec résolution et audace. Bref, les membres de la commission doivent rendre leur copie le plus tôt possible et, si le blocage continue, remettre le dossier à l’arbitrage de S.M. le Roi Commandeur des croyants qui, en cette qualité, détient les prérogatives de la jurisprudence en matière de la Chariâ. Bonne année à toutes les femmes et espérons que l’année prochaine soit « l’année de la Moudawana ».

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