Événement : Le monde rural de demain

Avec le début de la nouvelle campagne-agricole, des questions se posent : l’agriculture au Maroc a-t-elle un avenir ? Le Maroc est-il vraiment un pays à vocation agricole ? C’est quoi l’agriculture aujourd’hui ? À cette interrogation, les spécialistes répondent que celle-ci est aujourd’hui affaire de gros moyens, d’organisation moderne et d’optimisation des facteurs.
Il est vrai que l’agriculture marocaine a fait beaucoup de chemin au cours des dernières décennies, mais les défis d’aujourd’hui appellent à une remise en cause de la politique en la matière, si tant est le Maroc, en dehors du coup génie des barrages, en avait vraiment une qui soit à la hauteur des enjeux et des attentes.
D’abord, l’irrigation. Exceptés les périmètres irrigués contrôlés par la Sodéa ou la Sogeta ou les grandes plantations appartenant à certains opérateurs privés, force est de constater que le Maroc reste encore à la traîne dans ce domaine. Les petits agriculteurs, qui représentent la majorité, dépendent toujours du ciel et de ses ondées bénéfiques. Si la pluie ne tombe pas en quantités suffisantes, c’est un drame national qui se noue dans les campagnes avec des conséquences sur la machine économique et la politique gouvernementale. Au point que certains ont pris l’habitude de dire que gouverner au Maroc, c’est pleuvoir. Sauf que le cycle de la sécheresse, dû certainement aux perturbations climatiques dans le monde, est devenu répétitif. Une donnée structurelle qu’il convient de prendre en compte en faisant prendre au secteur un autre tournant avec une stratégie différente axée sur le développement des moyens d’irrigation comme le goutte-à-goutte et le recours à la ressource des nappes phréatiques. Il est impératif de diversifier les sources d’irrigation pour pérenniser le développement de l’agriculture nationale , sauf à vouloir considérer que la sécheresse est une fatalité à laquelle il est impossible de se soustraire. Le secteur agricole, qui joue un rôle alimentaire, économique et social, comprend actuellement environ 1,5 million d’exploitations agricoles pour une population rurale de près de 50% de l’ensemble de la population. Le secteur contribue de façon considérable au produit intérieur brut (PIB), à hauteur de 12 à 24% en fonction des aléas climatiques.
L’agriculteur reste au coeur de l’économie nationale. Elle est le moteur principal qui la fait fonctionner.
Certaines statistiques font cependant ressortir que 80% des ménages en milieu rural vivent de l’agriculture qui leur procure 80% de l’emploi.
Significatifs, ces chiffres renvoient à un autre problème qui se trouve en fait au centre de l’avenir des campagnes : le développement rural. Celui-ci souffre de l’insuffisance des moyens qui lui sont alloués. C’est ce qui explique en grande partie le retard du monde rural.
Un monde sans cesse glorifié dans les discours mais dont les véritables besoins ont rarement rencontré les actes concrets des gouvernements qui se sont succédé au Maroc. Pas besoin d’être un spécialiste pour comprendre que l’avenir du Maroc c’est la campagne. Celle-ci attend toujours une politique volontariste pour fixer les populations sur place et arrêter les flux de l’exode rural vers les grandes villes. Il est vrai que l’État a fourni des efforts colossaux, notamment en matière d’électrification des douars. Ce qui est déjà un grand pas en avant. Mais il ne suffit pas que la lumière soit dans les coins les plus reculés et remplace les lampes à pétrole pour estimer que le travail est terminé. Bien au contraire. L’électricité seule ou même l’eau courante n’ont jamais nourri un homme. Les populations rurales, elles aussi, ont besoin de gagner leur vie et de disposer de revenus réguliers. Pour cela, il est temps de permettre aux vaccinateurs d’accéder aux sources de financement pour la mise en place des infrastructures nécessaires qui permettraient le lancement d’activités adaptées comme le tourisme rural. Un créneau plein de potentiel qui peut se décliner sous forme de plusieurs produits: la chasse, les circuits intégrés à l’intérieur des villages… Autour de ces formules très prisées par les touristes étrangers peuvent s’organiser d’autres activités nécessaires conformes au cachet local dans toutes les régions rurales du pays : métiers d’artisanat, restauration typique, hôtellerie adaptée ou logement chez l’habitant. Cela se fait ailleurs. Pourquoi pas chez nous ?

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