Évènement : Un crime dans la nuit de Gaza

Lundi soir, quinze palestiniens dont huit enfants ont trouvé la mort à Gaza suite à un raid israélien. Le crime était très flagrant à tel point que l’autorité palestinienne a décidé de porter plainte pour «crime contre l’humanité» devant la Cour pénale internationale (CPI), comme l’a annoncé mardi Nabil Abou Roudeina, conseiller du président Arafat. Au delà de ce crime odieux, il y a lieu de s’interroger non seulement sur cette détermination destructive et barbare mais surtout sur la faiblesse du monde arabe et l’absence quasi totale de son influence sur le déroulement du conflit israélo-palestinien.
Chaque fois que les sionistes recourent à la violence, comme outil d’extermination du peuple palestinien et de règlement du conflit du Moyen-Orient, l’on dit, exactement comme s’il s’agit d’une vielle chanson qu’on ressasse à l’occasion, que «jamais l’unité arabe et la volonté arabe n’ont été si fragiles qu’elles ne le sont aujourd’hui». Pourtant, pour les communs des mortels, les mêmes conséquences ne sauraient être que le fruit des mêmes causes. De nos jours, il faudrait reconnaître que l’apathie est une donne constante de la situation des Etats arabes. De même que la solidarité n’est qu’un vain mot. Avec ses vingt-deux pays et une population de quelque 280 millions d’habitants, le monde arabe se situe, de manière globale, au plus bas de l’échelle mondiale pour ce qui est de la démocratie, du respect des libertés publiques et individuelles et en ce qui concerne l’indépendance des médias vis-à-vis des pouvoirs publics.
A cette lacune majeure qui handicapent la libération des énergies créatives et freine la mobilisation des masses, s’ajoute un autre élément . Celui de la dispersion des rangs. Cette entité qu’est le monde arabe, ne saurait être perçue au singulier. Il s’agit en fait d’une mosaïque d’Etats dont certains sont en passe d’adhérer dans la mesure du possible au cercle des pays démocratiques et émergents alors que d’autres continue à se plaire dans le confort de l’autocratie ou du despotisme étatique. Entre la quasi-totalité des pays voisins, il y a des problèmes de frontières et des mobilisations (réelles ou fictives ) pour la défense de la nation.
Ainsi, dans le Maghreb, plane la question du Sahara marocain sur les relations avec l’Algérie . Dans le même ordre, les rapports entre la Mauritanie et la Libye n’ont jamais été au beau-fixe. Exactement comme c’est le cas des relations bilatérales entre cette même Libye et l’Egypte et entre celle-ci et le Soudan. Lequel pays est entrain de faire face, à la fois, à la sécheresse et à la famine ainsi qu’à la question du Sud. Les négociations en cours à ce sujet montre surtout que le régime n’arrive plus à confronter des problèmes aussi délicats et multidimensionnels que ceux de l’autosuffisance alimentaire, les conflits internes et la division du pays.
D’un autre côté, des pays potentiellement riches sont confrontés à des problèmes d’une autre nature, comme c’est le cas pour l’Irak qui continue à payer les frais de son aventurisme de 1990, ou même les pays du Golfe qui se heurtent de nos jours aux questions du terrorisme. Bref, même en étant formellement libérés du joug du colonialisme classique, les pays arabes se trouvent en ce début du XXIème siècle à la croisée des chemins. Une phase qui ne leur permet guère de voir au-delà de leurs propres frontières. Mais, jusqu’à quand ?

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