Évènement : USA : Jamais sans mon «Israël»

Les Juifs américains sont représentés par un grand nombre d’organisations à caractère religieux, politique ou communautaire. Si la Conférence des présidents des principales organisations juives joue un rôle actif, notamment en direction de la Maison-Blanche et du Département d’État, il faut compter aussi avec le Conseil sioniste américain, le B’nai Brith, ou bien encore la fameuse Ligue de défense juive fondée par le rabbin Meïr Kahane. Chacun des grands partis israéliens dispose en fait de relais aux États-Unis, en particulier la droite qui s’appuie sur l’Organisation sioniste d’Amérique.
Mais c’est le Comité des affaires publiques américano-israéliennes (AIPAC) qui, depuis 1954, coordonne très officiellement l’intervention du lobby. Il compte 50 000 membres actifs, dont 58 permanents au Capitole. Son budget annuel a dépassé, en 1995, 15 millions de dollars, répartis, via plusieurs dizaines de Comités d’action politique (PAC), entres les hommes politiques américains en fonction de leurs prises de position par rapport à Israël et aux conflits du Proche et Moyen-Orient. Au total, on considère que le lobby « tient » ainsi une cinquantaine de membres du Sénat et près de 200 de la Chambre des représentants. D’où cette boutade d’un journaliste d’outre-Atlantique :  » Si Israël devenait pour de bon un État américain, il ne serait plus représenté au Congrès que par deux sénateurs au lieu des cinquante qui le soutiennent systématiquement « … Globalement, les Juifs américains contribuent pour 60% aux campagnes du Parti démocrate, et pour 40% à celles des républicains. Traditionnellement, ils votent à 70% pour les démocrates et à 30 % pour les républicains.
Selon Akiva Eldar, analyste diplomatique du journal israélien Haaretz, «Sharon peut aller assez loin, à cause de la situation politique à Washington, sachant qu’en novembre, il y aura des élections pour le Congrès, que Bush veut s’y assurer une majorité républicaine, et qu’il sait que le soutien à Israël représente une carte importante». En tout cas, la réalité c’est que l’Etat d’Israël a été depuis 1976 le principal bénéficiaire de l’aide étrangère annuelle des Etats-Unis et a été le pays ayant reçu l’assistance cumulée (où le militaire se taille la part du lion) la plus importante de Washington depuis la Seconde Guerre mondiale, selon un rapport publié il y a quelques mois par le service de recherches du Congrès.
Pour l’année budgétaire en cours, l’administration du président George W. Bush a demandé 2,04 milliards de dollars en aide militaire, 720 millions en assistance économique et 60 millions pour l’installation des immigrants, précise le rapport. Cela va sans rappeler que depuis un accord de 1983, les Etats-Unis et Israël collaborent dans différents secteurs militaires, avec des manoeuvres communes, ou dans la mise au point d’armes. Une négligence stupéfiante, selon l’intellectuel américain d’origine palestinienne Edward Saïd. Ce dernier considère que «la politique palestinienne a consisté, essentiellement, à remettre notre sort entre les mains des Etats-Unis, sans aucune conscience stratégique de la manière dont la politique américaine est réellement dominée – si ce n’est entièrement contrôlée – par une petite minorité de personnes dont les opinions sur la paix au Moyen-Orient sont, à bien des égards, encore plus extrémistes que celles du Likoud israélien». Un raisonnement qui frôle la logique dans la mesure où 8938 nouveaux immigrants sont arrivés en Israël depuis le 1er janvier 2002, malgré l’environnement très enflammée qui y règne.

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