Extrémisme violent: Doter les élèves d’esprit critique pour contrecarrer le fléau

Extrémisme violent: Doter les élèves d’esprit critique  pour contrecarrer le fléau

Le représentant de l’Unesco, qui rappelle que 30.000 combattants étrangers sont actuellement actifs en Irak et Syrie, ne manque pas de proposer des éléments destinés à atténuer les effets de l’extrémisme. Dans ce sens, il appelle à l’implication des jeunes dans la résolution des conflits, l’instauration d’une société plus juste et inclusive en donnant une vision positive de l’avenir aux jeunes.

«Il faut doter les élèves des outils de comparatisme pour constituer un antidote au radicalisme». La recommandation formulée, mardi soir à Rabat, par Mohamed Tozy, lors du colloque consacré à la contribution de l’école pour la prévention de l’extrémisme violent, est susceptible d’être d’un bon apport au cas où elle est tenue en compte. Cet constat puise son fondement dans les rapports établis, par le politologue, entre le radicalisme et la cognition. «La connaissance, c’est là où l’école construit la manière de penser», estime-t-il, en prenant appui sur les résultats de deux enquêtes initiées par la fondation Anna Lindh au profit du Maroc et auxquelles il a pris part.

Données chiffrées

Il s’agissait de répondre dans ce sondage à la question relative aux valeurs à transmettre aux enfants. Il ressort de ces enquêtes, initiées en 2001, que les Marocains avancent la valeur de l’indépendance à raison de 52% et le respect des autres cultures à hauteur de 42%. Quant aux valeurs religieuses, les Marocains les ont fait valoir avec un taux de 30%. Dans l’ensemble, «les valeurs bougent» comme l’indique M. Tozy qui incite à mettre la rationalité scientifique au service de l’ignorance spirituelle.

Ce qu’en dit l’Unesco

Le représentant de la section de l’éducation pour la paix et les droits de l’homme à l’Unesco, également présent à l’événement, a pour sa part mis l’accent sur les facteurs favorisant l’extrémisme. Il s’agit, selon Karel Fracapane, «de l’absence de perspectives socio-économiques, d’éducation de qualité et de la marginalisation». Le représentant de l’Unesco, qui rappelle que 30000 combattants étrangers sont actuellement actifs en Irak et Syrie, ne manque pas de proposer des éléments destinés à atténuer les effets de l’extrémisme. Dans ce sens, il appelle à l’implication des jeunes dans la résolution des conflits, l’instauration d’une société plus juste et inclusive en donnant une vision positive de l’avenir aux jeunes. Le tout en développant des programmes de citoyenneté mondiale visant à développer l’esprit critique chez les élèves. «Cependant les solutions ne peuvent se limiter à l’école seule», enchaîne-t-il en rappelant le rôle de l’éducation en consolidation des compétences. A son tour, le directeur du bureau multipays de l’UNESCO pour le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie, a abondé dans le même sens du développement de l’esprit critique chez les élèves. «Depuis quelques mois, le système des Nations Unies se mobilise autour de la question», précise Michael Millward qui estime que les messages véhiculés par l’extrémisme font l’apologie du rejet de l’autre.

Les démarches  prévues par le Maroc

«Il s’agit d’aller au-delà de l’enseignement en formant des citoyens conscients et intégrés dans la biosphère à laquelle ils appartiennent», avance Rachid Belmokhtar en rappelant l’apport de l’histoire. Outre l’appartenance, le ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle fait valoir le capital social, soit la capacité des jeunes à travailler ensemble. «Il importe d’agir en attendant que ces changements soient entrepris », enchaîne M. Belmokhtar en rappelant que son département est en train de revoir l’éducation islamique. Il est exactement question de «révision des programmes scolaires et d’enseignement des religions» aux yeux d’Abdeljalil Lahjomri. Le tout «dans le cadre d’une approche participative pour que les élèves soient des citoyens», comme le précise le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume et secrétaire général de la Commission nationale marocaine pour l’éducation, les sciences et le culture.

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