Fausse monnaie, vrai scandale

Fausse monnaie, vrai scandale

Au Kissariat Cherradi à Khouribga, l’Hadj est l’un des commerçants qui fait aussi dans le change. Contre des devises, il donne les dirhams.  Sérieux et jouissant d’une bonne réputation, les clients font souvent appel à ses services. À pas mesurés, un jeune homme, la trentaine, très élégant, rentre dans son magasin. « J’ai des billets de dollars », dit-il au commerçant, le sourire aux lèvres. Le commerçant l’invite d’abord à s’asseoir puis lui demande le montant de la somme dont il dispose. L’air hautain, le jeune homme lui répond qu’il a une importante somme. Le commerçant lui tend la main. Le jeune homme met aussitôt sa main dans la poche de sa veste pour sortir une enveloppe.
«Quel est le montant de la somme?», lui demande le commerçant. Le jeune homme lui explique qu’il s’agit de 5000 dollars américains. Le commerçant compte 44 billets de cent dollars et lui verse sa contrepartie en dirhams marocains. Avant de partir, il lui donne son numéro de téléphone portable.
Le lendemain matin, le commerçant se rend à la banque pour déposer l’argent. Une heure plus tard, son téléphone portable sonne. Un employé de la banque le sollicite de rejoindre la banque pour régler une affaire concernant la somme d’argent en devises qu’il vient de déposer. Aussitôt, le commerçant retourne à la banque et rencontre le directeur de l’agence qui lui apprend la mauvaise nouvelle: « la somme de devises que vous avez versée c’est de la fausse monnaie.».
Le commerçant n’en croit pas ses oreilles. Le directeur lui décline quelques billets. Le commerçant remarque qu’ils portent le même numéro de série et ne disposent pas de fil filigrane.
"Que dois-je faire ?", balbutie-t-il à l’employé de la banque. Ce dernier lui explique qu’il doit déposer une plainte auprès de la police. Le directeur de l’agence bancaire avise également la police comme l’exige la procédure.
Alertée, la police judiciaire de Khouribga diligente aussitôt une enquête. Les éléments de la police demande au commerçant de coopérer pour piéger l’homme. Ainsi, il téléphone au jeune homme. "J’ai besoin d’une importante somme de devises.", lui dit-il.
Le rendez-vous est fixé et le jeune homme tombe dans les filets de la police avec en main 44 billets de cent dollars, ainsi qu’une somme de plus de 3500 euros. "Qui a falsifié ces billets ?", interroge le policier. Le jeune homme nie toute implication dans cette affaire de falsification. «Je les ai reçus d’un homme établi à Casablanca», avoue-t-il. Il a également indiqué qu’il a changé quelques billets de dollars en billets d’euros.
Alertés, les éléments de la brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca ont mis la main sur l’homme dénoncé par le mis en cause. L’homme a démenti toute implication dans cette affaire.
Il a affirmé qu’il n’a jamais versé de sommes en dollars au jeune homme de Khouribga. " J’avais l’intention de monter un projet de fabrication de briques de construction. C’est pourquoi, je lui ai versé la somme de 120 mille dirhams", a-t-il ajouté. Entre-temps, les enquêteurs ont arrêté une troisième personne. Cette dernière a avoué être l’intermédiaire entre le jeune homme de Khouribga et celui de Casablanca. Lors de leur rencontre dans un restaurant à Casablanca, explique l’intermédiaire, il lui a remis des billets falsifiés et a reçu un sac en plastique bourré de faux billets.
Les trois personnes, mises en cause, ont été traduites devant la justice à Khouribga. L’enquête est toujours en cours pour élucider toute l’affaire.

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