Fête : le calvaire des voyageurs

Impatient de rejoindre sa famille et se délecter de l’ambiance d’Al-Aïd avec ses proches et amis, Rachid Laâboudi se précipite pour emprunter le car qui se rend à Oued Zem. A la gare routière de Ouled Ziane à Casablanca, le prix est indiscutable en ces occasions de forte affluence. Les courtiers, guettant leurs proies aux abords de la gare, lui font une belle description du voyage. «Le départ dans un instant, l’arrivée à telle heure, le service et le confort…etc» tels sont les arguments pour séduire le voyageur. Mais dès qu’on lui colle le billet, le ton change et une autre étape commence. Celle d’attente et du dérangement, sous toutes ses formes. Ainsi, le retard se chiffre par des heures, soit au départ, soit à l’arrivée ! On ne sait jamais quand débute le voyage ! Les problèmes ne se limitent pas uniquement aux abords de la gare routière, ils accompagnent les voyageurs tout au long du trajet. L’excès de vitesse, les arrêts perpétuels dans des endroits non autorisés, le nombre de places non respecté et l’état mécanique de certains autocars constituent, entre autres, les vecteurs de la matrice qui complète le reste. Dans ces conditions, le parcours effectué par le voyageur devient extrêmement difficile pour les destinations lointaines. Chose qui perturbe l’atmosphère du voyage et gâche, par ailleurs, la joie de rencontrer la famille et les proches. Pendant ces occasions de forte affluence, de vieilles pratiques de certains courtiers surgissent. Ces derniers, qui cherchent par n’importe quel moyen à convaincre le voyageur afin d’emprunter leur engin, n’hésitent pas à vendre de faux billets aux personnes qui tombent dans leurs filets. Ainsi, le voyageur se trouve enfin de compte avec un billet pour un car virtuel. Au moment du départ, aucune réclamation n’est admise, dit-on dans le secteur. Comment va-t-il donc procéder ? Lorsqu’il proteste, on lui réplique sévèrement qu’il fallait s’adresser aux guichets de la gare pour éviter de tels comportements. Mais, pourquoi, de tels comportements existent? Et à qui incombe la responsabilité ? Ce mercredi, à la gare routière de Ouled Ziane, une vieille dame, R.C, a été induite en erreur par les courtiers. Elle a payé deux fois le billet pour la même destination. «J’ai pris le premier billet auprès d’un courtier, qui a disparu juste après, et à l’intérieur du car on m’a dit que le titre de voyage n’est pas valide…obligé donc de payer de nouveau», a-t-elle déploré. On le sait, ces occasions représentent, pour les opérateurs du transport routier, une opportunité pour gonfler leurs recettes. Mais, de l’autre côté, ce qui se passe pour les voyageurs interpelle à plus d’un titre.

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