Fikri et ses acolytes devant la justice

Fikri et ses acolytes devant la justice

Dans la nuit du 12 juillet 2002, Mohamed Saïd, un chauffeur de petit taxi, s’est arrêté à l’avenue des FAR, à Tanger, pour faire monter trois hommes à destination du quartier Branesse. Une fois arrivé dans un lieu désert, l’un des trois hommes a sorti un couteau, lui a asséné un coup au niveau de la jambe, le deuxième l’a immobilisé en le saisissant au cou. Et le troisième l’a délesté de sa recette et lui a subtilisé les clés du véhicule. Pieds et poings liés, le pauvre chauffeur a été jeté dans le coffre. Ils ont ensuite garé la voiture un peu plus loin, avant de prendre la poudre d’escampette. Les investigations policières ont mené à l’arrestation de deux des membres du trio : Youssef Fikri et Abderrahmane Al Majdoubi. Ces derniers n’ont pas hésité à reconnaître avoir perpétré plusieurs crimes et délits et faire partie d’un réseau organisé, constitué en cellules dispersées à travers plusieurs villes du pays : la Salafiya Jihadia. L’enquête a révélé que Youssef Fikri est l’«émir» de sa cellule et qu’il a participé à pas moins de quatre meurtres. Le premier remonte au 26 octobre 1998 à Youssoufia, quand il a décidé de tuer son oncle, Abdelaziz Fikri. La raison est que ce dernier trahissait sa femme en passant des nuits chez sa maîtresse à Chemmaïa. Avec la participation de Miloud Mandour, il l’a tué à l’aide d’un couteau alors qu’il était sur le lit de son amante. Avant de s’enfuir, ils ont délesté le couple de 350 dirhams, d’une chaîne en or et d’une veste. Le lendemain, Youssef Fikri a assisté aux funérailles de son oncle et il a reçu les condoléances comme les autres membres de sa famille. Après avoir fait connaissance avec Youssef Addad et Abdelmalek Bouzgarne, tous deux objet d’une note de recherche, Youssef Fikri a commencé à agresser les riverains et à s’attaquer aux automobilistes à Casablanca, avant de retourner une fois encore à Youssoufia en 1999. Là, le gang a loué un appartement à 250 Dh. Entre temps, Youssef Addad, les a informés qu’un homosexuel, nommé Sabah avait une relation avec un employé de l’OCP et qu’ils demeurent tous deux au quartier Diour N’sara. Aussitôt, ils ont décidé de le liquider. Se rendant à l’appartement, ils ont frappé à la porte. Un certain Omar Farrak, presque nu, parce qu’il venait de prendre sa douche, leur a ouvert. Ils ont demandé Sabah. Il leur a expliqué qu’il viendrait plus tard et les a invités à entrer pour l’attendre. Une fois à l’intérieur, ils lui ont demandé un verre d’eau. Quand il est revenu de la cuisine, Youssef Fikri l’a saisi par le cou et Abdelmalek lui a asséné un coup de couteau, puis Fikri lui a porté un second coup de lame. Leur crime accompli, ils ont regagné Casablanca où ils ont séjourné durant trois mois. Après quoi, Youssef Fikri et Youssef Addad sont allés à Nador laissant derrière eux Abdelmalek à Douar Sekouila, à Casablanca. Les deux Youssef ont fait la connaissance d’un rêveur de l’Eldorado, un certain Mohamed. Ils ont tous les trois loué une chambre au quartier Tarkaâ. Remarquant que Mohamed insultait Dieu et la religion, les deux truands ont décidé de le liquider. Sans hésitation, ils sont passés à l’action en l’égorgeant comme un mouton. Ils ont ensuite découpé le corps en trois parties qu’ils ont enterrées dans différents terrains vagues au quartier Tarkaâ et à Beni N’sar. Ils sont retournés dans la chambre pour prendre les vêtements du défunt et s’en aller à destination de la mosquée du quartier Al Oummal, à Nador où ils ont séjourné durant 7 mois. Les deux Youssef sont retournés par la suite à Casablanca après avoir perpétré d’autres agressions et attaques à main armée, dans différentes villes marocaines. Ils ont rencontré une fois encore leur «frère », Abdelmalek Bouezgarne, ainsi que Rachid Bahri et ils ont repris les agressions contre des prostituées. Au cours de leurs activités criminelles «au nom d’Allah», ils ont remarqué le notaire stagiaire, Abdelaziz Assadi, en compagnie de deux filles à bord d’une Fiat Siena. Ils l’ont suivi à bord d’une Citroën C15 volée. Ils sont arrivés à lui barrer le chemin et ils se sont présentés à lui comme étant des policiers. Assadi a prétendu être un procureur du Roi. Là, ils ont cru avoir mis la main sur un gros poisson, un symbole de l’Etat. Après avoir malmené les deux filles, ils les ont libérées, puis ont conduit Assadi à bord de leur véhicule jusqu’à un terrain vague dans la commune Ahl Laghlame, Sidi Bernoussi-Zenata. Là, ils ont tiré au sort qui devait le tuer. La «chance» a souri à l’«émir» , Youssef Fikri, qui s’est chargé de l’égorger comme un mouton. Dans un terrain vague, entre Aïn Harrouda et Bouznika, ils ont brûlé le véhicule du notaire. Outre ces quatre meurtres, Youssef Fikri et les autres adeptes de la Salafiya Jihadia ont commis plus d’une trentaine d’agressions et de vol de voitures avant de tomber dans les filets de la police. Fikri et trente autres «takfiristes», à savoir Mohamed Damir, alias «Abou Al Harite», qui a été arrêté après une descente de police au cours de laquelle un “takfiriste“, Rabiî Aït Ouzzou, a été tué et un policier blessé. La liste comprend également Abderrahman El Majdoubi, Rachid Amrine, Nouredine Gharbaoui, Mohamed Chadli, Ahmed Akhref, Saïd Boulifa, Abdelaziz Haddadi, Mohamed Badaoui et Miloud Mandour. Dans la même liste, on trouve également Mourad Sarrouf, Khalid Semmak, Mohamed Jock, Omar Nadef, L’Husseïne Moulay, Saleh Zarli, Abderrazak Faouzi, Kamal Hanouichi, Smaïl Anouar, Mohamed Chatbi, Kamal Chatbi, Mustapha Lakrimi, Bouchaïb Guermaj, Lakbir El Katoubi, Bouchaïb Moughdir, L’Husseïne Berghachi, L’Yazide Ajrafe, Rachid saâdouni, Omar Maârouf et Larbi Dakike. Ils sont poursuivis, entre autres, pour association de malfaiteurs, homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, vol qualifié avec violence, coups et blessures, faux et usage de faux. Signalons enfin que deux des théoriciens de la Salafia Jihadia, Ahmed Ghazouani et Abdelaziz Bourrak ont été déférés, lundi soir, par le procureur général près la Cour d’appel de Casablanca au tribunal militaire parce qu’ils auraient arrêtés en possession d’armes à feu.

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