Fin de la baraka du Gri-Gri malien

Les magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat ont statué dans l’affaire Moulay Abderrahmane, un escroc qui se faisait passer pour un bienfaiteur capable de résoudre les problèmes des autres grâce à ses capacités magiques fruits d’un don hautement spirituel. Depuis son arrivée au Maroc il y’a plus de trois ans, Haidara Moulay Abderrahmane, né en 1963 à Bamako, s’est installé à Salé où il a loué un appartement dans un quartier populaire. Pour subvenir à ses besoins, il a choisi la sorcellerie et apparemment il a aidé plein de gens à résoudre leurs problèmes et plus particulièrement ceux à caractères sentimentaux. Il possède des moyens pratiques occultes qui l’ont conduit à venir en aide à des sociétés en voie de faillite. A chaque fois qu’il est contacté par des hommes de grande importance financière, il exige la location d’un appartement de luxe afin d’exercer son travail en toute tranquillité. Et après chaque opération, il se pointe à la poste pour envoyer de l’argent à ses enfants installés au Mali et à sa seconde femme de nationalité sénégalaise. En fait, Moulay Abderrahmane est marié à deux femmes. Avec celle originaire de son pays, il a eu cinq enfants et juste avant d’arriver au Maroc, il avait laissé sa seconde épouse enceinte de quelques mois. L’enquête de la police judiciaire qui s’était chargée de l’investigation a révélé que Moulay Chrif comme on le surnomme, voyage souvent dans les pays du Maghreb en quête d’hommes d’affaires en difficulté auxquels il propose des solutions magiques. On ne sait pas s’il est recherché par d’autres services de la police maghrébine et en tout état de cause , aucun mandat d’arrêt international n’a été lancé à son rencontre. Au mois d’août dernier, il a été contacté par un homme d’affaires natif de Nador, propriétaire d’une entreprise en instance de dépôt de bilan. L’homme en question était prêt à régler n’importe quelle somme d’argent pourvu qu’une solution magique soit susceptible de sauver sa société de la faillite. Avant de commencer tout travail, il a exigé une somme de 200.000 dh payée d’avance. Il a demandé comme condition de travail qu’un appartement soit mis à sa disposition. Toutes ces conditions ont été exaucées. Après quelques jours d’isolement, l’amulette magique qui devait arrêter la décadence de la société n’a rien donné. Cette fois-ci le gri-gri n’a pas fonctionné, la magie de Moulay Abderhman s’est bloquée. Le client, qui avait accepté toutes les conditions du sorcier, a exigé le remboursement des 20 millions en liquide et le reste des dépenses. A partir de ce moment-là , Moulay Chrif lui suggéra une incroyable solution pour pouvoir le rembourser. Il lui a proposé de l’accompagner au bord de la mer sur la route côtière de Rabat. Il lui a fait comprendre qu’il était capable de manifester son pouvoir face à la mer et que les vagues seraient porteuses de plusieurs valises pleines d’argent. Une fois arrivé à l’endroit indiqué par le sorcier, un terrain vague donnant sur l’Océan Atlantique dépourvu de tout mouvement de circulation. Le sorcier lève les bras au ciel et commence à hurler de toutes ses forces, à ce moment-là une patrouille de police qui passait dans les parages s’arrêta par curiosité. Le sorcier se rend compte de leur présence prend la fuite et se fait traquer par les policiers qui l’arrêtent quelques mètres plus loin. Il a été présenté devant la justice et au cours de la dernière audience qui s’est tenue récemment à la Cour d’appel, Moulay Abderrahmane n’a pas caché avoir un don de Dieu supérieur à la normale. Après délibération, il a été condamné à un an de prison ferme et une fois sa peine purgée, il doit quitter le territoire marocain.

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