Fin tragique de 60 marocains

Fin tragique de 60 marocains

L’intensification des opérations de contrôle le long des côtes marocaines oblige, désormais, les émigrants clandestins à trouver de nouvelles voies d’accès aux pays de l’UE. Ici ou là, la mort les guette. Ce week-end, le naufrage d’une embarcation, surchargée de candidats pour un monde meilleur, a fait 22 noyés et 42 disparus.
Parmi les 75 personnes, embarquées à bord d’un bateau de fortune, 70 sont marocaines. Elles sont rentrées légalement en Tunisie et ont payé une somme allant de 15000 à 20 000 DH à un passeur dans l’espoir d’atteindre les côtes italiennes. Les candidats étaient trop nombreux et l’embarcation vétuste. «Une demi-heure après leur départ, leur embarcation en bois a craqué sous le poids de ses nombreux passagers et s’est coupée en deux, projetant tout le monde à la mer», selon des témoins cités par l’AFP. Onze rescapés, respectivement dix marocains et un tunisien, ont pu regagner à la nage la plage, située dans le gouvernorat de Sousse.
Un hélicoptère de l’armée tunisienne, un bâtiment et une vedette appuyés par des unités de la marine, de la garde nationale et de la protection civile, dépêchés sur les lieux, ont tenté de sauver les naufragés. Lundi soir, 22 corps de noyés avaient été repêchés et placés dans une morgue de l’hôpital de Sousse et les recherches devraient encore se poursuivre plusieurs jours pour tenter de retrouver les corps remontant à la surface après plusieurs heures d’immersion. Mais les chances de retrouver des survivants sont pratiquement inexistantes. Si aucun survivant n’est retrouvé, ce drame ferait 60 noyés marocains.
Un bien triste bilan qui souligne une fois encore la tragédie de ceux qui jouent à la roulette russe avec leur vie. Sans perspective d’avenir dans leur pays, ils bravent la mort dans l’espoir d’atteindre les frontières de l’UE. Alors que des candidats à l’émigration clandestine tombent chaque jour, et que leur histoire est devenue horriblement banale, la commission européenne discute la création de camps de triage de demandeurs d’asile dans ce qu’elle appelle les pays de transit. Ces camps serviront à s’assurer de l’identité des demandeurs d’asile avant de les autoriser à fouler le sol européen. Le Maroc devrait en abriter cinq. Et en dépit de la vive controverse que provoque, à l’intérieur de l’UE la création de ces centres, l’idée fait sûrement son chemin. Britannique à l’origine, elle a été relancée cet été par les Allemands et les Italiens, qui ont défendu leurs arguments vendredi dernier devant leurs partenaires réunis en session informelle aux Pays-Bas. Ces centres, ont-ils expliqué, permettraient aux demandeurs d’asile d’attendre la réponse au lieu de risquer leur vie en Méditerranée ou de devenir la proie de passeurs mafieux.
Au nom de la préoccupation humanitaire, les défenseurs du projet soulignent l’urgence du problème : «Il faut trouver des solutions rapides pour des situations humanitaires», a déclaré le commissaire Antonio Vitorino, responsable de la Justice et des Affaires intérieures. Une autre huile de l’UE réfute l’appellation camp : «Il s’agit de répondre aux besoins humains de cette tragédie», insiste Jonathan Faull, directeur général à la commission. «Il n’y a pas de camps», a-t-il souligné. Il s’agit simplement d’aider ces pays «à régler des problèmes humains», car ces pays doivent «nourrir et loger ces gens». Le montant de cette aide s’élève à 1million d’euros. Et laissant la polémique prospérer à l’intérieur de l’espace des pays de l’UE, la commission européenne a déjà jeté son dévolu sur cinq pays maghrébins. Elle va aider financièrement le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie à créer des infrastructures d’accueil pour les immigrants.
Ces centres se préoccupent seulement des demandeurs d’asile, alors qu’ils sont minoritaires parmi ceux qui mettent en péril leur vie pour traverser la Méditerranée. Pendant que la polémique fait rage au sujet de demandeurs d’asile, des centaines de personnes voient sombrer au fond des eaux, en même temps que leur vie, le rêve d’atteindre la rive nord de la Méditerranée.

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