Grève et promesses électorales

Le Bureau national du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup) a décidé d’entamer un programme d’actions qui sera marqué par une grève nationale les 6 et 7 février prochains.
Il a de même appelé le Conseil national de coordination et la Commission administrative à une réunion le 23 février. Histoire de continuer la pression pour obtenir l’amélioration de la situation matérielle du corps du Supérieur.
Un communiqué du syndicat indique que cette décision, prise récemment à l’issue d’une réunion du Conseil, intervient en protestation contre le peu d’empressement du gouvernement à mettre en application le décret élaboré pour la révision des indemnités des enseignants chercheurs.
Dans un entretien, Abdelmajid Jahfa, secrétaire général de la section régionale de Casablanca, a déclaré que le recours à la grève se justifie par le désengagement du ministre de l’Enseignement supérieur, Khalid Alioua, concernant l’application des dispositions du protocole du 5 septembre 2002. Ce dernier a été signé entre l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Najib Zerouali, et le SNESup. En vertu de ce protocole, les enseignants – chercheurs devraient recevoir des indemnités annuelles allant de 9400 dirhams à plus de 23.000 dirhams. Certes, le recours au débrayage n’est pas démuni de sens. Au contraire, il est légal et légitime. Et le nouveau ministre lui-même ne le renie pas.
Le problème, tel qu’il se pose aujourd’hui, a été hérité par le nouveau ministre et l’actuel Exécutif. Car l’accord en question était intervenu à trois semaines des dernières élections législatives et à une semaine de la campagne électorale. D’où le côté généreux de cette affaire, et sa complexité, en même temps. Dans les moments d’effervescence, il est clair et de coutume de voir des initiatives, souvent à effet direct et de courte durée, qui foisonnent, un peu partout, mais qui occultent, en fin de compte, des aspects plus importants et d’ordre stratégique.
La grève des enseignants universitaires pourrait, sans doute, s’inscrire dans cet ordre d’événements. Car, au vu de l’état de la trésorerie actuelle de l’Etat, il est fort douteux que le ministre de l’Enseignement supérieur puisse défendre auprès de ses collègues le déblocage d’un budget de 50 milliards de centimes, tout en revenant, le lendemain, pour demander un autre budget, pour la révision du statut, avec tout ce que cela comporte en termes de frais et de dépenses.
C’est là, toute l’ampleur du problème. Car, même en étant piégé par des accords pris dans une conjoncture électorale et sans implication du Ministère des Finances, M. Alioua ne cesse d’annoncer qu’il est hors question de les renier. La continuité des responsabilités oblige. Mais, en revanche, personne n’a le droit de s’ériger à la place des universitaires concernés. Autrement dit, il est probablement temps de choisir entre un acquis conjoncturel, portant sur des indemnités estimées mensuellement à quelque 1000 dirhams, et la réalisation, dans les meilleurs délais, d’un acquis stratégique, comme celui du changement du statut.

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