Grogne chez les médecins

Les médecins reprochent à leur conseil de l’Ordre d’être le seul dont le président est nommé. C’est pourquoi ils poursuivent leur mouvement de protestation et appellent au boycott des élections. En effet, aux termes de l’article 13 de la loi relative à l’Ordre des médecins, qui a connu des modifications via par le Dahir du 21 novembre 1996, le conseil national de l’Ordre des médecins est composé de 22 membres élus au suffrage universel et d’un président nommé par SM le Roi. Le président du conseil des médecins du secteur libéral, Mohamed Naciri Bennani, confirme que les médecins de près d’une quinzaine de régions ont décidé de boycotter les praticiens du conseil national de l’Ordre des médecins: « La liste ne cesse de s’élargir, la région de Rabat vient de retirer sa candidature pour la participation à ces élections. Devant cette situation, il ne peut y avoir lieu d’élections des bureaux régionaux de l’ordre des médecins. Sachant que celui-ci tiendra son assemblée générale le 12 novembre prochain. Tandis que les élections du conseil national auront effectivement lieu le 26 novembre prochain, ce qui illégal», dénonce M. Bennani.
Ce dernier affirme d’ailleurs que ces revendications sont légitimes, dans la mesure où elles visent « la démocratisation du conseil de l’Ordre et l’élection du président comme c’est le cas dans d’autres secteurs». Par ce biais, conclut le docteur Bennani, «nous défendons la santé des citoyens et la profession». Le secteur médical vit depuis plusieurs mois dans une impasse. C’est pourquoi la commission de coordination nationale, représentant les syndicats des médecins des secteurs public et privé, a appelé à une mobilisation pour le boycott des élections du Conseil national. « Devant le refus du gouvernement de répondre à nos revendications, nous devons réagir. Nous appelons à une journée nationale de grève et l’organisation d’un sit-in devant le siège de l’Ordre», a martelé M. Naciri Bennani.
De leur côté, les membres du Conseil national de l’Ordre des médecins ont émis un communiqué, dans lequel ils rappellent que ce dernier est une institution «dont le fonctionnement, le rôle et la constitution sont régis par des lois. C’est donc aux institutions législatives (le Parlement et la Chambre des conseillers) de modifier les lois qui le concernent et c’est à ces institutions que doit être adressée toute demande de modification des statuts». Le constat des divergences est dressé. Le divorce semble consommé.

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