Hicham Raoui, le parcours peu ordinaire d’un tueur en série

Hicham Raoui est né  un jour de 1976 dans la région d’Aïn Darbane, province de Settat. Il n’a jamais senti avoir eu  d’affection paternelle. Ce benjamin d’une sœur et d’un frère a ouvert ses yeux dans une famille  où le père était absent. Ce dernier a répudié sa mère alors qu’elle n’a pas encore accouché de lui. A l’époque, la maman répudiée ne bénéficiait pas du logement conjugal. Et la mère de Hicham a conduit ses deux bambins chez leur grand-père qui était gardien dans une école primaire. D’abord, c’est  lui qui subvenait à leurs besoins. Alors que son père les a abandonnés sans penser à leur rendre visite. De douar Darbane, la famille a déménagé au quartier Al Amal. À  son septième printemps, Hicham a été inscrit à l’école Tawhid. Malheureusement, il n’a pas pu aller au-delà de la cinquième année d’enseignement fondamental. Ce n’était pas son choix  d’abandonner définitivement  ses études. Certes, il rêvait aller jusqu’au bout. A défaut d’argent, de quoi acheter simplement les fournitures scolaires et les vêtements, sa mère et son grand-père n’avaient d’autre choix que de le mettre entre les mains d’un réparateur de  bicyclettes et de vélomoteurs. Un métier qui ne lui a pas plu. Et il a rejoint  un mécanicien, puis un tôlier. Il y a passé cinq ans. Bien qu’il ait appris ce dernier métier, il l’a abandonné en 1996. Il  était à son vingtième printemps. Que voulait-il faire pour gagner sa vie et aider son grand-père pour subvenir aux besoins de sa mère, sa sœur et son frère ?  Il est devenu un marchand ambulant et ce, jusqu’au 2003. C’est l’année à laquelle il a décidé de quitter Settat pour gagner sa vie ailleurs. À bord d’un autocar, il est arrivé au douar Khemiss Aït Aâmira, dans la région d’Agadir. Il  s’est engagé dans le domaine agricole. Il n’y a pas passé  que sept mois pour aller  à la ville ocre, Marrakech.
Dans sa région, il a travaillé dans un moulin d’huile d’olive.  Quelques mois plus tard, il a retourné à sa ville natale, Settat. Et il  a repris son commerce ambulant. En fait, tous ceux qui le connaissent au quartier Al Amal où il demeure avec sa famille,  au Souk Makro, Souk D’hab et Souk Chtayba où il exerçait son commerce, attestent qu’il était un jeune homme sans problème, discret et plus ou moins enfermé sur lui-même. Il ne fume pas et ne se drogue pas. Mais, en 2005, alors qu’il était à ses vingt-neuf ans, il a commencé à goûter les boissons alcoolisées.
« Quelques bières lui suffisaient pour se sentir libre et draguer les filles… », confie à ALM  un jeune qui le connaissait au Souk D’hab. Était-il sous l’effet de l’alcool quand il a dragué, violenté et violé l’infirmière ?  Oui, répond à ALM une source policière. Et s’il avait reconnu cet acte de viol contre elle devant la police judiciaire, il l’a nié devant la Chambre criminelle près la Cour d’Appel de Settat. Un démenti qui n’a pas  convaincu la cour puisque le témoignage de l’infirmière était poignant. A la fin de l’examen de son dossier, la cour l’a condamné à un an de prison ferme. Le jeudi 7  février 2008, Hicham a achevé ses douze mois derrière les murailles de la prison. Maintenant, et après la découverte du triple meurtre, l’affaire prend une tournure encore plus grave.
 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *