Il parle de répudiation, elle le tue

«Pourquoi répudies-tu souvent tes femmes ? Sont-elles toutes méchantes ? Ou bien les dégoûtes-tu au bout de quelques années de mariage ?».
Mohamed, 74 ans, ne répond pas à son épouse Zahia, 27 ans, en cette nuit de la fin du mois de juin 2001, en leur foyer au quartier Takaddoum, à Azilal.
«Prends soin de mon fils Rachid…», lui demande-t-il, essayant de d’éluder le sujet qui intéresse sa femme, à savoir la triple répudiation de ses ex-épouses. Zahia est la quatrième épouse de Mohamed. Personne ne sait pourquoi il a répudié ses trois première femmes. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’un homme vulgaire, irascible et escroc. Il a émis plusieurs chèques en bois qui lui ont valu quelques séjours à l’ombre. Le dernier en date remonte aux trois premiers mois qui ont suivi son quatrième mariage. Zahia est originaire de Souk Sebt. Elle a déjà été mariée et répudiée avec une fillette de sept ans. Elle ne pouvait plus rester avec sa famille et a accepté la première demande en mariage qui lui a été adressée. Mohamed, marchand de son état, l’a rencontrée au souk. Il l’a demandée en mariage. Zahia accepte sans hésiter. Pourquoi ne lui dit-elle pas qu’elle a une fille ? Mystère… A sa sortie de prison, Mohamed retourne chez lui et voit Zahia en compagnie d’une fillette. Surprise, Zahia rougit. Elle n’était pas au courant du jour de sa libération. «C’est ma fille…», avoue-t-elle.
«Ta fille ? Mais pourquoi ne m’en as tu jamais parlé ?».
Zahia ne répond pas. Mohamed s’aperçoit de la rondeur de son ventre. «Et ça, c’est quoi ?». «Je suis enceinte».
«Comment est-ce arrivé, et quand? J’étais en la prison !»… .
«Où est mon fils Rachid ?».
Elle baisse sa tête, garde le mutisme. Il la gifle. «Où est Rachid?» répète crie-t-il rageusement. Elle finit par lui dire qu’elle l’a chassé. Mohamed la malmenée. Il sort chercher son fils et le ramène. Mardi 22 janvier 2002, Zahia reçoit la visite de ses parents.
«Mère, Mohamed a des doutes sur l’origine de ma grossesse»…
Mardi 30 janvier. Vers vingt-deux heures, Mohamed retourne chez lui, trouve son beau-père, sa belle-mère, et sa femme autour de la table, sirotant des verres de thé et l’attendant pour le dîner. Après le repas, Zahia et son époux regagnent leur chambre à coucher, tandis que ses parents occupent la seconde chambre.
Mohamed se déshabille, se jette sur le lit, attend sa femme. Zahia le rejoint. Il lui sourit. Elle fait semblant de ne pas s’apercevoir de sa présence, revêt sa chemise de nuit et monte sur le lit. Mohamed la prend dans ses bras, l’embrasse. Elle lui tourne le dos.
-«Mais qu’as-tu donc ?, j’ai besoin de toi !», lui dit-il.
-«Je suis indisposée», lui répond-elle.
Hors de lui, il l’insulte.
«Je vais te jeter dehors, comme les trois autres qui t’ont précédée !».
Mohamed s’endort. Pas Zahia. Les mots qu’il vient de prononcer lui tourmentent l’esprit. Et, brusquement, comme possédée, elle saute du lit, se dirige vers la cuisine, se saisit d’un marteau, retourne à la chambre et assène un premier coup sur la tête de Mohamed. Il se réveille en criant de douleur. Elle lui donne deux autres coups. Ses parents entendent les cris, rejoignent leur fille. Et découvrent l’horrible scène. La tête fracassée. Zahia est comme dans un état second. Elle leur demande de garder le mutisme. Froidement, elle retourne à la cuisine, prend un grand seau en plastique, y met le sang, et le vide dans les toilettes. Elle prend un couteau et des sachets en plastique, commence à couper le corps en parties à écorcher la tête par la suite et couper la chair en morceaux. Ses parents commencent à l’aider. Ils mettent les membres, la tête et les os dans trois sachets. Le père les met dans un grand sae et sort pour les jeter quelque part. À ce moment, Zahia et sa mère ont jeté les morceaux de chair aux toilettes, lavent le sang, enterrent les clés de sa boutique, ses vêtements, les marteaux et le couteau. Le père continue son chemin les sachets sur le dos. Six kilomètres plus loin, il hèle un taxi, met le grand sachet dans le coffre et demande au chauffeur de s’arrêter une fois arrivé dans la région d’Aghbalou, à treize kilomètres d’Azilal. Il descend, prend son macabre chargement, en sort les trois sachets moyens, et pose chacun d’eux près d’un arbre, avant de rebrousser chemin. Le lendemain, Zahia déclare la disparition de son mari. À l’aube, une femme et un homme découvrent les sachets et leur funeste contenu. Ils alertent les gendarmes. L’enquête finit par révéler la vérité. Zahia est arrêtée pour homicide et ses parents pour complicité.

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