Incendies de forêts : 1.272 hectares partis en fumée à fin juillet

Incendies de forêts : 1.272 hectares partis  en fumée à fin juillet

La région de l’Oriental est la plus touchée avec une superficie de 659 hectares

De janvier à fin juillet 2017, 193 feux de forêts ont été enregistrés au niveau national touchant une superficie de 1.272 hectares.

Les incendies de forêts ravagent chaque année des centaines d’hectares au Maroc. Le phénomène prend de l’ampleur en été et la hausse des températures risque d’aggraver la situation. Selon le Haut-Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), de janvier à fin juillet 2017, 193 feux de forêts ont été enregistrés au niveau national touchant une superficie de 1.272 hectares. En termes de répartition géographique et en tenant compte des superficies incendiées, Fouad Assali, responsable du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers (CRCF) à Rabat, signale que «la région de l’Oriental (Taourirt et Jerrada) est de loin la plus touchée avec une superficie incendiée de 659 hectares. Viennent ensuite la région du Rif (Tanger) avec 286 hectares ravagés par le feu puis la région du Nord-Est (Taza et Taounate) avec une superficie incendiée de 259 hectares».

Il faut relever que l’année 2017 est une année assez particulière dans la mesure où le risque d’incendie pourrait être élevé. Cette situation s’explique en partie par une biomasse combustible abondante et très sèche.

Cette biomasse importante est prédisposée aux processus d’éclosion et de propagation des feux de forêts. Ce risque d’incendie est important surtout à Tétouan, Larache, Ouazzane, Chefchaouen et Nador où la biomasse est très présente et supérieure à la normale. Un autre indicateur confirme ce pronostic alarmant. Il s’agit de la hausse des températures. Les experts se fondent sur des probabilités allant de 40 à 60% et prévoient un état thermique supérieur de 2°c à la normale saisonnière. Cette hausse des températures va favoriser le dessèchement de la biomasse déjà importante, ce qui a pour conséquence d’augmenter le risque des incendies de forêts. En effet, l’élévation des températures augmente les risques d’incendie comme celui qui est survenu au Portugal où il y a énormément de végétation combustible, notamment des forêts de pins maritimes et d’eucalyptus, des arbres parmi les plus inflammables.

M. Assali tient à signaler que 2017 est une année catastrophique à l’échelle mondiale. Et pour cause, le Portugal a connu l’incendie le plus meurtrier de son histoire. Après la France et le Portugal, l’Espagne a été touchée à son tour. En l’espace de seulement deux jours, plus de 1.000 hectares ont été ravagés dans l’Hexagone. «Jusqu’à présent, le Maroc a connu des incidents de moindre intensité par rapport à ces pays et ils ont été parfaitement maîtrisés», indique M. Assali. Pour rappel, bien que le nombre d’incendies ait augmenté de façon régulière au cours des 10 dernières années, les superficies parcourues par les feux ont baissé très significativement.

La superficie incendiée a même diminué de 51% durant la période 2013-2016, pour atteindre seulement 1.812 ha/an. Le bilan 2016 fait état d’une limitation du nombre d’incendies et des superficies touchées (2.585 hectares pour 422 incendies déclenchés), soit une moyenne de 6 ha par incendie alors que la moyenne méditerranéenne est de 16 hectares par incendie.

Plus de 184 millions DH pour la prévention et la lutte contre les incendies

Un budget total de 184.200.000 DH a été alloué au programme 2017 de prévention et de lutte contre les incendies de forêts. Celui-ci se décline en plusieurs actions préventives (s’attaquant aux causes des départs et extensions des feux de forêts) et opérationnelles. Il s’agit essentiellement des travaux d’entretien de tranchées pare-feu, d’aménagement de points d’eau, de l’ouverture et de la réhabilitation de pistes forestières, de la construction et de l’entretien de postes vigies et de la mobilisation de guetteurs pour l’alerte des départs de feux. Sur le plan opérationnel, on notera le renforcement des moyens humains avec la mise en place de 1.250 guetteurs et des moyens matériels, notamment aériens (5 avions Canadairs).

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