Indépendance : La fête continue

Quatre forces ont en effet participé à l’acquisition de l’indépendance du Maroc et de sa libération du joug du colonialisme.
Dans une ambiance de symbiose et de synergie exemplaire, le mouvement de la Résistance et l’Armée de Libération Nationale, en parfaite coordination avec la famille Royale, le Mouvement National et les syndicalistes nationalistes ont pu imposer au Protectorat d’accepter les négociations politiques au sujet de la souveraineté nationale du Maroc. Pourtant, moins de deux années avant cette date, tout portait à croire, pour les forces d’occupation, que l’ère de la lutte pour l’indépendance allait connaître sa fin en raison du coup dur porté à l’encontre du peuple marocain et qui consiste en l’exil de feu S.M. Mohammed V et des membres de sa famille. L’exil d’un homme qui allait se transformer en un véritable soulèvement populaire contre l’occupation. Convaincus, en fait, des limites de l’action politique et diplomatique, les hommes libres de la Nation se sont penchés sur l’encadrement des masses pour le déclenchement d’un véritable mouvement de libération. Sur le plan social, les syndicalistes marocains ne se contentaient plus d’un partage des responsabilités au niveau de la direction du Mouvement syndical, comme ce fut en 1951, lors du Congrès de l’Union générale des syndicats confédérés au Maroc (UGSCM). Car, depuis les émeutes de décembre 1952 à Casablanca, et devant la répression prônée par les forces coloniales, seule la revendication de la souveraineté nationale devint à l’ordre du jour.
Le 20 mars 1955, les nationalistes quadrillaient le quartier de Hay Bouchentouf dans lequel se tenaient les assises du Congrès constitutif de l’Union Marocaine du Travail (UMT). La reconnaissance par les autorités coloniales de ce syndicat signifiait le début d’un processus de concession de la part de la France. Entre temps, le Mouvement de la résistance, qui s’organisait progressivement, commença ses opérations militantes armées. Les politiciens à leur tour redoublaient d’efforts dans les coulisses diplomatiques, au niveau des Nations Unies, des pays libres et surtout auprès de l’élite et de l’opinion publique française pour le retour du Roi légitime du Maroc et la proclamation de l’indépendance.
Consciente du fait que les Marocains n’accepteront jamais la version tunisienne de l’autonomie, et en raison du déclenchement de la guerre de libération algérienne, la France accepta d’ouvrir les négociations avec les nationalistes marocains. Le 16 novembre 1955, S.M. le Roi Mohammed V regagne le Maroc. Deux jours après, il annonce l’indépendance de son pays et sa volonté de passer de la lutte pour l’indépendance à l’édification d’un Etat moderne et d’une nouvelle société, conduite sous le règne d’une monarchie constitutionnelle et démocratique.

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