Indice global du terrorisme : 24 places de gagnées entre 2002 et 2016

Indice global du terrorisme : 24 places de gagnées entre 2002  et 2016

L’IRES vient de publier son tableau de bord stratégique

La population carcérale s’est considérablement accrue ces dernières années. Le recours accentué à la détention provisoire a contribué à l’engorgement des prisons.

L’Institut de recherche des études stratégiques (IRES) a récemment publié un tableau de bord stratégique afin de donner un aperçu du positionnement du Maroc sur le plan international et ce dans tous les domaines : politique, économique, social, culturel et environnemental. L’IRES a ainsi passé au crible une centaine d’indicateurs permettant d’examiner si la position du Royaume à l’international s’est améliorée, a stagné ou a reculé. En matière de sécurité intérieure, le Maroc doit encore faire des efforts pour lutter contre la criminalité.

182 policiers pour 100.000 habitants

Dans son document, l’IRES signale que l’effectif des fonctionnaires de police est en hausse. Ainsi, le nombre de policiers est passé de 147 pour 100.000 habitants en 2003 à 182 pour 100.000 habitants en 2013. L’Institut estime que malgré cette hausse, l’effectif des policiers demeure insuffisant pour faire face au développement de la criminalité dans le pays. Quant au taux d’agression, celui-ci a enregistré une augmentation de 25% entre 2003 et 2013. Ainsi, nous sommes passés de 164,5 agressions pour 100.000 habitants à 205,3. Cette tendance à la hausse s’explique, entre autres, par la hausse de la consommation des psychotropes, à l’urbanisation non maîtrisée et au creusement des inégalités. Le rapport relève également que la population carcérale s’est considérablement accrue ces dernières années. Le recours accentué à la détention provisoire a contribué à l’engorgement des prisons. Le nombre de détenus pour 100.000 habitants est passé de 183 à 215. Pour ce qui est de la sécurité publique intérieure, des avancées notables ont été enregistrées. A ce sujet, l’Institut relève le niveau élevé de sécurité grâce «à la mise en place de nouvelles structures sécuritaires, au renforcement de leurs moyens d’action et à la formation des forces de l’ordre aux nouvelles formes de criminalité. En outre, le recours à une approche sécuritaire consistant en la promotion de forces de l’ordre de proximité et la sensibilisation des citoyens sur leur rôle, en tant que partenaires de ces forces devrait renforcer davantage le niveau de la sécurité intérieure du pays».

Sécurité globale : Un bilan mitigé

Au niveau de la sécurité globale, trois indicateurs ont été examinés, à savoir l’indice global de paix, l’indice «Fragile State» et «l’indice global de terrorisme». S’agissant du premier indicateur, le rapport note «une résilience du Maroc face aux bouleversements sociopolitiques qu’ont connus certains pays de la région Mena, confirmée par le classement du Royaume à la 91ème position sur 163 pays dans l’édition 2016 du Global Peace Index». Quant au deuxième indice, le positionnement du Maroc demeure contrarié par certains facteurs, notamment la migration, la fuite des cerveaux et les inégalités de développement économique. Le Maroc est passé du 88ème rang mondial en 2007 au 91ème rang en 2015 affichant ainsi la meilleure performance à l’échelle maghrébine. Concernant l’indice global du terrorisme, le Maroc a amélioré sa position dans le classement mondial en occupant la 95ème place en 2016 alors qu’il figurait à la 119 ème place en 2002. L’IRES fait remarquer à ce sujet que le Maroc est exposé au risque terroriste «en raison de son engagement actif dans la lutte contre le terrorisme et de ses choix de société, axés sur l’ouverture et la promotion d’un Islam modéré et tolérant». Cela dit, l’efficacité du dispositif sécuritaire national et la mise en place du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) «devraient renforcer davantage les capacités anticipatives du Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé», souligne l’IRES.

Suicide : Un taux qui inquiète

En matière de développement humain, des avancées ont été enregistrées. Si l’on prend en compte l’indice de développement humain, le score du Maroc reste affecté par le niveau d’éducation jugé « insuffisant ». En moyenne, la durée de scolarisation des Marocains n’est que de 4,4 années en 2014 contre 6,2 années pour les pays à développement humain moyen et 8,2 années pour les pays à développement humain élevé. En revanche, le Maroc a amélioré son positionnement à l’international au titre de l’indice de progrès social en passant de la 91ème place en 2013 à la 86ème position en 2016. On note également un positionnement favorable du Maroc concernant l’indice de la croissance inclusive. A ce sujet, il faut relever que le Royaume enregistre des performances en matière d’inclusion et d’équité intergénérationnelle relativement élevées. «Ce positionnement pourrait être amélioré si, à l’avenir, le pays parvient à accroître substantiellement le niveau de revenu de ses habitants et à éradiquer définitivement la pauvreté», estime l’IRES. Toujours dans le cadre du développement humain, le rapport pointe du doigt l’augmentation des cas de suicides au Maroc. Leur taux a connu une hausse significative en passant de 2,7 pour 100.000 habitants en 2000 à 5,3 pour 100.000 habitants en 2012.

L’IRES signale que bien que ce taux soit inférieur à la moyenne mondiale, il commence à devenir inquiétant. «La mise en place d’un guide de prévention contre ce fléau et d’associations d’écoute des désarrois qui guettent les personnes vulnérables à ce phénomène ainsi que la sensibilisation de la population au rôle primordial de la famille pourraient réduire la progression du nombre de suicides», conclut l’Institut.

Dépenses militaires : 3,4% du PIB

Le Maroc est l’un des plus gros importateurs d’armes en Afrique. En 2014, la valeur des importations s’est chiffrée à 594 millions de dollars. La hausse des importations s’explique selon le rapport par l’accentuation des menaces transnationales, notamment le terrorisme et le crime organisé.

Pour leur part, les dépenses militaires ont représenté 3,42% du PIB entre 2005 et 2015. Ces dépenses sont motivées par la nécessité de moderniser les capacités militaires du Maroc et de défendre son intégrité territoriale.

S’agissant de l’indice dit de «puissance militaire», il y a lieu de relever une amélioration significative du Maroc dans le classement mondial. Le Royaume se positionne à la 56ème place en 2015 et à la 7ème place au niveau africain.

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