Invité pour la fête, ils lui ont fait sa fête

Invité pour la fête, ils lui ont fait sa fête

Depuis quelques jours, la petite ville de Taounate a été secouée par un drame. Il s’est produit exactement dans une petite localité de la banlieue dite Moulay Bouchta. Un jeune homme apparemment sans histoire, a été tué par une bande d’amis au cours d’une fête de noce. Il était venu pour faire la fête et on lui a fait sa fête ! Banale, absurde et aussi scandaleux, voici les trois expressions qui résument la reconstitution de l’homicide. Douar Moulay Bouchta est un minuscule bled où tous les habitants se connaissent. Ils vivent généralement de leurs terres, des paysans qui travaillent ensemble, qui s’aiment ensemble, se marient entre eux, se disputent, se partagent les nourritures et entre les jeunes du village, ils se payent de temps en temps des cuites ensemble. Il s’agit en somme d’un patelin constitué d’une vingtaine de familles qui ne connaissent pas la haine, de braves personnes soudées par une solidarité exemplaire. C’est un village où les riches et les pauvres cohabitent sans complexe, personne n’y meurt de faim et tous ses habitants veillent les uns sur les autres. Saïd, ayant grandi dans le petit bled de père en fils, est l’un des jeunes qui ne manque pas l’occasion de fêter les événements heureux qui enchantent de temps en temps leur village. Que la fête soit nationale ou locale, il est toujours parmi les premiers invités. Il sait raconter des histoires à mourir de rire et de ce fait sa présence pour plus d’animations est primordiale. Pourquoi alors, il a été tué ? Pour quelle raison, il a été roué de coups ayant causé sa mort ? Quel grave péché a-t-il commis pour mériter la fin tragique de sa vie ? Selon le rapport de la gendarmerie qui s’est chargée de l’enquête préliminaire, Saïd était invité à une fête de mariage, un grand événement où se rencontrent tous les résidents du douar. Les enfants s’amusent entre eux, les femmes dansent et chantent à la Tahihite et les hommes se liquident les verres de thé avec une mousse qui fait sentir la bonne odeur de la menthe à plusieurs dizaines de mètres. Il y’a aussi les autres, les jeunes, âgés généralement entre vingt et quarante ans. Pour eux, la fête signifie l’ivresse. Ils avaient acheté le nécessaire bien avant la date fixée pour la fête, plusieurs litrons de vin et quelques caisses de bière étaient leur menu principal pour la soirée. Au moment où la dose était au point, les « Nchaïtias » décident de rejoindre le groupe de musique invité à l’occasion. A leur arrivée, Saïd dans un état d’ivresse, commence à danser en bousculant les femmes. Les autres l’interpellent et lui demandent de faire attention ou de libérer la piste. Saïd n’étant pas dans ses facultés normales leur répond vulgairement. L’un de ceux qui buvaient en sa compagnie le tire par le cou et lui lance un coup de bâton au genou, Saïd s’empare d’une pierre et sans penser aux conséquences de son geste, l’envoie en direction des femmes. A cet instant, le groupe des ivrognes s’acharna sur lui sans aucune pitié. Les coups et blessures ont entraîné sa mort. Le joyeux douar Moulay Bouchta n’est plus celui d’autrefois, ce qui vient de se produire est un vrai désastre, même les mariés ont décidé de reporter l’écriture de l’acte.

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