La couverture médicale confiée à une instance indépendante

La couverture médicale confiée  à une instance indépendante

«Depuis le lancement de la généralisation du Régime d’assistance médicale (Ramed) le 13 mars 2012, nous avons pu enregistrer plus de 8,4 millions de bénéficiaires, atteignant ainsi un taux de couverture médicale de 99% de l’ensemble de la population cible», a déclaré le ministre de la santé, El Houssein Louardi, lors du conseil d’administration de l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam).

En plus de l’ordre du jour classique du conseil d’administration, cette session du conseil était particulièrement axée autour du bilan des trois années du Ramed.

Si le taux de couverture parait impressionnant, il cache néanmoins certaines disparités sur le plan régional. Ainsi, tandis que dans neuf régions du Royaume, le taux de couverture a dépassé les 100% il est resté faible dans d’autres régions, notamment Doukala-Abda, où il ne dépasse pas les 55% bien que la région se trouve au 3ème rang en termes de population cible. D’autre part, ces résultats dépassant les 100% par région présentent le risque de dépassement de la population cible réelle, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la qualité des prestations servies aux bénéficiaires du Ramed, ainsi que sur la durabilité de son financement.

Concernant les prestations fournies, depuis la généralisation du RAMED, plus de 500 mille cas d’hospitalisation ont été enregistrés, 3,8 millions d’explorations externes, plus d’un million de consultations spécialisées externes et plus de 880 mille prises en charge des affections de longue durée (ALD) et affections lourdes et coûteuses (ALC), soit la prise en charge de 7.641 malades atteints de d’insuffisance rénale et qui ont bénéficié de près de 840 mille séances d’hémodialyse ainsi que la prise en charge de 60% des diabétiques.

Plusieurs prestations chirurgicales lourdes et coûteuses ont été réalisées comme la greffe de cornée, du foie et de moelle osseuse. Les centres hospitaliers universitaires (CHU) ont assurés en 2014 la prise en charge de plus de 187 mille malades atteints d’ALD/ALC, plus de 118 mille malades ont été hospitalisés, 337 mille consultations spécialisées externes, plus de 1,5 million de bilans et explorations externes. En dépit de ces réalisations, plusieurs obstacles se dressent devant le régime.

«Malgré des résultats très positifs, il faut dire que le Régime doit faire face à plusieurs obstacles qui entravent la réalisation de certains objectifs», a noté le ministre, citant, entre autres, la question du financement, de la gestion des ressources mais également celle liée à la gouvernance.

Concernant ce dernier point, le ministre de la santé a annoncé la création d’une instance indépendante de l’ANAM qui se chargera de la gestion de l’ensemble du système de couverture médicale.

Louardi a précisé que des études sont en cours afin de mettre en place ce nouvel organe, notant que la couverture médicale devra se baser sur certains principes de base dont la facturation des services sanitaires, le paiement par l’organe de gestion et non par les bénéficiaires ou encore le renforcement du cadre contractuel entre les fournisseurs de services sanitaires et l’organe de gestion.

Contribution financière

 

La contribution partielle annuelle des bénéficiaires en situation de vulnérabilité est fixée à 120 DH par personne dans la limite d’un plafond de 600 DH par ménage quel que soit l’effectif (l’article 25 du décret 2-08-177 portant application de la loi 65-00 tel qu’il a été complété et modifié). Depuis la généralisation du régime jusqu’au 31/12/2014, le total du montant collecté par l’Anam est  de 95 millions de dirhams.

Pour les responsables, ce montant ne représente que 30% de la totalité de la contribution, ceci est dû au faible taux de retrait des cartes par les  personnes vulnérables. Pour ce qui est du taux de retrait des cartes des bénéficiaires en situation de vulnérabilité, il  n’a pas dépassé le tiers des cartes éditées (33%). Plus le montant est élevé, plus le taux de retrait des cartes est inférieur et par conséquent, plus la contribution des foyers est élevée (ne dépassent pas 240DH et représentent 67%) moins est le retrait des cartes.

 

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