La culture : une marchandise mondialisée

Intervenant lors d’une rencontre, organisée, jeudi au Caire, sur le thème « La complémentarité culturelle interarabe à l’heure de la mondialisation », le penseur marocain Ali Oumlil, par ailleurs ambassadeur du Maroc en Egypte, a estimé qu’il serait nécessaire d’entamer un dialogue « équilibré » au sein de la société arabe dans le but de la délivrer du « dédoublement de personnalité » dont elle souffre et de parvenir à un consensus sur un certain nombre de questions fondamentales actuelles, tels la démocratie, la condition de la femme, les droits de l’Homme et la relation entre le religieux et le politique. Il a également soulevé un certain nombre de questions relatives au devenir culturel arabe dans le but d’accompagner les mutations en cours au niveau international et d’aider les arabes à entamer un dialogue serein avec le reste du monde, rappelant que « la culture en tant que produit de la connaissance est devenue à l’heure de la révolution de la communication et de l’information « une marchandise mondialisée », produite et diffusée à partir des pays les plus développés pour être consommée dans les pays du Sud, y compris le Monde arabe, qui reste sur la défensive, n’exerçant que très peu d’influence sur les rapports de force qui marquent le monde actuel ».
Selon M. Oumlil, parvenir à une complémentarité culturelle interarabe requiert en premier lieu un certain « équilibre » entre les composantes culturelles dans les différents pays arabes et des actions « consensuelles », en tant que mécanismes démocratiques pour parer à tout conflit et parvenir par voie de conséquence à une politique culturelle commune.
Il a appelé, à cette occasion, à l’ouverture d’un dialogue « sérieux » avec l’Occident dans le cadre d’institutions culturelles influentes et actives dont en premier l’Unesco, qui a été créée, selon lui, afin que le monde ne tombe sous l’emprise d’une idéologie raciste « exclusiviste », qui encouragerait la violence et serait susceptible de déboucher sur une nouvelle guerre mondiale. L’Unesco est appelée, a-t-il dit, à jouer pleinement son rôle pour faire connaître toutes les cultures non occidentales, dont la culture arabo-musulmane, très peu connue en Occident où les médias en véhiculent une image défo-rmée.
Cette conférence, organisée à l’initiative de l’Institut des études et des recherches arabes relevant de la Ligue arabe en collaboration avec l’Organisation arabe pour l’Education, la science et la culture s’est déroulée avec la participation de nombreux chercheurs et intellectuels arabes.

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