La France prépare ses rendez-vous électoraux

En cette année 2002, la France a deux rendez-vous d’importance : l’élection présidentielle et les élections législatives.
Elle les aborde dans une situation économique et sociale qu’on peut résumer en un seul mot : régression. Après vingt années de socialisme, la France a reculé à la 15eme place en Europe comme puissance économique et se retrouve à la 25eme place au palmarès mondial. Le bilan est dramatique : un système de retraite dépassé, une fiscalité des plus lourdes et des plus archaïques du monde, une éducation nationale à l’organisation éléphantesque, une sécurité sociale au panier percé, des fonds de pension aux abonnés absents et inopérants dans l’arène économique laissée au capital étranger, l’usage répété du recours à la grève dans les services publics.
La politique de redistribution des différents gouvernements de la gauche, unique ou pluriel, n’a nullement éradiqué la pauvreté qui s’est plutôt amplifiée. Une grande partie de la population s’est transformée en cohortes d’assistés par les effets pervers d’une politique qui se réclame d’une prétendue justice sociale.
Les conséquences de cet aveuglement doctrinaire font que les entrepreneurs français vont investir à l’étranger et les jeunes têtes bien faites s’expatrient vers d’autres cieux plus cléments à leur épanouissement. L’électeur français ne fait plus confiance au pouvoir politique et se résigne à subir les diktats des corporations et des différentes forteresses telles que le corps des fonctionnaires ou encore les entreprises nationales dites de service public.
En réalité, le pouvoir de l’Etat s’est transformé peu à peu en pompier de service aux reculades qu’on renonce à qualifier. La cohabitation a bon dos pour expliquer l’impuissance des gouvernants actuels. En fait, l’Etat est anesthésié et ses arbitrages contestés et bafoués. L’entreprise France a besoin de réformes en profondeur, mais le peuple aujourd’hui s’est habitué à l’insoumission et se cantonne à la défense des avantages acquis. Qui aura demain le courage politique de réformer les régimes de retraites, qui aura le courage de revenir sur la loi des 35 heures?
Qui aura demain l’autorité nécessaire pour redonner la liberté d’entreprendre et de gérer aux promoteurs d’une économie forte et solvable, seule créatrice de richesses et d’emplois ? Beaucoup qui ont voulu tenter l’aventure ont été sacrifiés sur l’autel du réalisme électoral pour ne pas dire démagogique. Des Allégre, Sauter, Charpin, Johanet et bien d’autres en savent quelque chose. Toutes ces questions et bien d’autres vont se poser aux prochains vainqueurs de ces élections.
Sur la scène mondiale, la France n’est plus une puissance économique ou politique, et personne ne semble se poser la question du pourquoi. La France s’est endormie dans un cocon socialiste des plus illusoires. Attention au réveil.

• Gabriel Banon,
économiste

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