La lutte des clans s’intensifie

Au sein du Forum pour la justice et la vérité, la concurrence bat le plein entre les différents courants politiques. La course acharnée des uns et des autres devrait normalement mener à une entente, en fin de parcours. Mais, pour l’instance, c’est d’une véritable lutte de position qu’il s’agit. De par leur manière de déroulement et au vu des tactiques déployées et des résultats observés jusqu’à maintenant, il y a lieu de voir dans les élections des participants au prochain congrès du Forum, prévues pour les 14, 15 et 16 juin 2002, à Bouznika, un ballon d’essai pour l’avenir de certains courants politiques et de leurs alliances.
Certes, le Forum «justice et vérité» ne saurait être représentatif pour l’ensemble des appareils d’encadrement des forces classiques de l’opposition, puisqu’il s’agit, en premier lieu, d’un rassemblement qui se limite au regroupement d’anciens détenus d’opinion et de personnes arrêtées lors de différentes émeutes que le Royaume a connues.
Mais, toujours est-il que ce cadre organisationnel constitue un outil d’action pour bon nombre d’acteurs politiques, dont principalement ceux de la gauche radicale.
En effet, lors des assemblées générales la tension était de mise. De même que certaines organisations procédaient au rodage de leurs nouvelles stratégies d’alliance.
A Casablanca, par exemple, le «Bloc démocratique» d’Ahmed Herzenni a fonctionné. Selon plusieurs participants, l’alliance entre les islamistes ( venus en grande partie de la ville de Mohammédia) et des membres du Mouvement pour la démocratie était manifeste. Finalement, sur les 25 élus au prochain congrès, 11 appartiennent au courant d’Ennahj addimocrati (La Voie démocratique), 5 au Parti de l’avant-garde démocratique socialiste ( PADS) et 5 anciens détenus arrêtés au cours des événements du 20 juin 1981.
Dans la région de Rabat-Kénitra et Khémisset, la confrontation entre le Parti socialiste unifié ( PSU) et le groupe de Abdellah El Herrif (Ennahj) était dure, mais c’est ce dernier qui a eu gain de cause en emportant 7 sièges sur 11. Dans la région du Nord, ces donnes ont été inversées. Au cours de l’AG qui s’est tenue à Tanger, le PSU a eu 4 sièges sur 6, les 2 autres revenaient aux amis d’El Herrif.
Ces derniers ont eu 5/11 sièges dans les élections qui se sont déroulées pour la région de Fès et Meknès. Le PADS a eu, à son tour deux sièges.
Ainsi, se confirme, jusqu’à présent, la main mise des radicaux sur les instances du FVJ, au détriment des composantes du PSU et de quelques courants islamistes.
L’USFP, en dépit de la participation de certains de ses membres à cette association, n’y participe pas en tant que parti politique. Ceci dit, il n’en demeure pas moins important de signaler, dans ce cadre, qu’il faudrait s’attendre à un débat houleux lors des travaux du Conseil national du FVJ, qui aura lieu le 26 mai courant à Casablanca.
Ce conseil, selon l’ordre du jour annoncé, devra trancher dans l’approbation des rapports moral et financier qui seront présentés au congrès, et surtout en ce qui concerne l’arrêt d’une position à l’égard de l’adhésion au Conseil consultatif des droits de l’Homme ( CCDH).

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