La médina de Rabat perd son charme

Rabat, avec son statut de capitale du pays et sa position géographique, sur l’embouchure du Bou Regreg, face à sa jumelle Salé, attire beaucoup de visiteurs étrangers et nationaux. Une fois dans la ville, un tour dans l’ancienne médina s’impose. On découvre des monuments historiques, remparts almohades, vieilles habitations blanches et bleues aux lourds portails. Les différentes rues et ruelles sont animées par le souk de la passementerie, celui des cuirs, des meubles, des tissus, des bijoux, etc. Et lorsque le visiteur se sent fatigué d’avoir marché et marchandé, il peut se diriger vers la Kasbah des Oudayas, l’un des monuments les plus remarquables de la ville, pour se reposer. Un tour où le tourisme et le commerce se rencontrent. Mais, qu’en est-il actuellement ?
Les principales rues sont devenues carrément assiégées, notamment à certaines occasions religieuses et le week-end, alors que d’autres sont squattées toute l’année par les marchands ambulants.
Le phénomène prend de l’ampleur pendant l’après-midi, aux environs de 17 heures, au point que le moindre espace est squatté par ces vendeurs à la sauvette, rendant toute circulation piétonnière très difficile, voire, même impossible. Ils présentent aux passants toute une gamme de produits généralement importés illégalement de l’autre rive, jus de fruits, fromage, beurre, gâteaux, ustensiles, etc. Ces marchands ambulants ne laissent aucun passage et créent une telle anarchie que les piétons trouvent du mal à emprunter les rues.
Outre ces vendeurs, les magasins n’ayant pas de vitrine sur le boulevard et les rues, installent des courtiers qui interpellent les clients. Deux ou trois échantillons en main, ces courtiers tentent, tant bien que mal, de convaincre les clients afin de les attirer vers le magasin.
« Pour faire face au chômage, ces commerçants, jeunes pour la plupart, n’ont pas d’autre alternative que de pratiquer cette activité pour survivre et subvenir aux besoins de leurs familles », explique Lahcen, 36 ans, acteur dans le commerce informel depuis plus de 9 ans.
Toutefois, force est de constater que cette forte affluence et la situation d’anarchie qui y sévit favorisent la prolifération de toutes sortes d’agressions et vols dont sont victimes les passants, sans compter les difficultés de circuler et la gêne causée aux commerçants qui travaillent dans le strict respect des lois en vigueur.
Ces derniers ne cessent de se plaindre auprès des autorités concernées, mails il s’avère difficile d’effectuer le contrôle sur ce commerce parallèle. Par mesure d’utilité publique, la brigade de la répression procède de temps en temps à des descentes pour s’enquérir de la situation et prendre, le cas échéant, les mesures qui s’imposent pour réprimer cette activité illégale.

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