La perpétuité aux assassins d’un couple

Mardi 31 décembre 2002. Saïd, Mezwari et Omawi se tiennent debout devant les juges de la Chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida. Bien qu’ils risquent la peine capitale, ils relatent calmement les faits de leur forfait avec les petits détails.
« C’est moi qui me suis rendu chez la police pour avouer…Je ne dormais plus depuis la nuit du crime…Je me sens, maintenant, très à l’aise devant la justice…», déclare Saïd.
C’est en janvier 2002 que ce jeune de trente-cinq ans s’est adressé à la police d’El Jadida.
«J’étais en compagnie des personnes qui ont tué le Français, Jean-Pierre et sa femme marocaine, Fatna…Nous étions trois, moi, Mezwari et Oumawi…», surprend-il le chef de la brigade chargé de l’affaire depuis le jour du crime, jeudi 28 juillet 2001.
«Où sont les deux autres ?», lui demande le chef.
«Ils sont à la prison agricole d’El Âdir…», lui répond-il.
Les limiers de la PJ se sont dépêchés aussitôt vers la prison. Effectivement, Mezwari et Oumawi y purgeaient des peines respectivement de 6 et 4 ans de prison ferme pour vol qualifié. Ils avaient volé deux ânes et les avaient vendus au souk hebdomadaire d’Ouled Frej.
Les deux détenus ont été conduits vers le commissariat de police à El Jadida. Là, ils ont, tous les deux, nié avoir tué le Français et sa femme marocaine.
Seulement Saïd a retenu ses premières déclarations. Et il a précisé : « J’étais gardien dans une ferme située à l’entré de la ville d’El Jadida et loin de cinq kilomètres de son centre… La ferme de mes employeurs est mitoyenne à celle de Jean-Pierre et sa femme Fatna…».
Saïd connaissait Mezwar et Omawi et savait qu’ils s’adonnaient au vol de bétail.
C’était en mai 2001 qu’ils se sont adressés à Saïd, lui demandant de les aider à mettre la main sur le bétail de Jean-Pierre et sa femme, Fatna. Après plusieurs refus, Saïd, a fini par accepter de participer. Il fallait attendre la nuit du jeudi 28 juillet pour passer à l’action.
Les deux amis ont rejoint Saïd, lui ont demandé de se charger de la surveillance des lieux. Tout à coup, Omawi a tenté d’escalader la porte d’entrée de la ferme. Aussitôt, les chiens ont commencé à aboyer.
Jean-Pierre et sa femme se sont réveillés. Omawi n’a pu continuer et il a renoncé. Saïd leur a proposé de monter par l’autre côté de la ferme en utilisant une échelle. Mazwari et Omawi y sont entrés, tout en laissant Saïd en surveillance. A l’entrée de la porte de la maison, les deux malfrats se sont trouvés face à face avec Jean-Pierre et Fatna. «Je vous connais tous les deux», leur lance cette dernière. A ce moment le duo avança, les mains armées d’un objet en fer; ils lui ont asséné des coups mortels. A son mari aussi. Le duo a dépassé le seuil de la maison, a cherché partout et a mis la main sur une somme de 11 mille dirhams, une chaîne , des boucles et cinq bagues, toutes en or.
Ils ont par la suite fait sortir le bétail et l’ont chargé sur un camion qui les attendait dehors. Ils ont vendu le bétail aux souks hebdomadaires et les bijoux en or à Casablanca et ils ont partagé le butin.
Quand la domestique est arrivée le matin, elle a découvert les deux cadavres gisant dans une mare de sang. Une enquête a été ouverte et les investigations étaient sans résultat.
Devant la Cour, Saïd a reconnu les faits alors que les deux autres ont maintenu leur négation et la Cour les a jugés tous coupables pour homicide volontaire doublé de vol qualifié et complicité et les a condamnés à la peine perpétuelle.

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