La Smiapa n’est plus

La Smiapa n’est plus

Les horodateurs, ces engins qui ont engouffré des centaines voire des milliers de dirhams des automobilistes habitués de l’arrondissement Sidi Belyout n’ont plus raison d’être. En tout cas c’est ce qui a été décidé pour le moment. La décision de cessation d’activité de Smiapa est tombée finalement avant-hier.
Pour rappel Smiapa est la société qui exploitait le stationnement des rues de l’arrondissement de Sidi Belyout. Cette décision a été prise par le Conseil de la Commune à l’occasion de l’une de ses 4 sessions ordinaires qu’il tient régulièrement chaque année.
Cette décision était préparée depuis déjà quelques mois par la wilaya, la mairie et l’arrondissement. En date du 25 novembre 2004, le Conseil de l’arrondissement Sidi Belyout avec le soutien de la présidence de la commune de Casablanca, a décidé de mettre fin à l’exploitation de Smiapa. Cette décision est motivée par plusieurs raisons dont la plus importante est l’insolvabilité de la société. En effet, les arriérés dus rien qu’au titre de l’année 2004 s’estiment à 4.280 mille DH.
Ce montant concerne l’exploitation de 102 horodateurs implantés dans le périmètre de Sidi Belyout. Alors que Smiapa s’est engagée à renforcer son parc horodateurs à partir de 1994, en implantant 78 nouveaux engins, cette dernière a marqué un premier manquement au contrat la liant à l’arrondissement communal. Smiapa a enfreint certaines limites concernant aussi la pénalisation des automobilistes dépassant de durée permise de stationnement.
En effet, l’immobilisation des voitures pour défaut de paiement à l’aide de sabots est considérée comme exagérée par le Conseil de l’arrondissment. Smiapa est tenue de par le contrat signé avec l’arrondissement communal de verbaliser l’infraction en recourant à un agent de circulation avant de mettre le sabot. Cette condition n’a bien évidemment jamais été respectée.
Rappelons que cette société a eu l’agrément d’exploitation en 1991 en contre-partie d’une redevance de 12 mille DH/horodateur/an.
Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que bien avant, en 2000 et 2001, l’arrondissement de Sidi Belyout était favorable à la reconduction tacite avec révision de certaines clauses : il fallait payer un avenant complétant le contrat relatif à l’exploitation des horodateurs, la redevance par horodateurs devait être portée à 18 mille DH, il fallait aussi compléter le parc d’horodateurs pour totaliser 180 machines et enfin mettre sur les lieux de stationnement un agent de la circulation. C’est dire que la société Smiapa représentée en la personne de son dirigeant Abdellatif Sedri n’a montré aucun signe de bonne volonté.
L’exploitation des parcmètres étant un marché bien juteux de l’avis de quelques représentants de la commune, la direction de Smiapa s’est dérobée au financement de ses dus plus par cupidité que par difficulté financière. « L’arrondissement communal de Sidi Belyout est l’un des plus rentables en matière de stationnement», fait remarquer Hassan Bih, Directeur de la Division des ressources financières de la commune.
La décision du Conseil communal de résilier le contrat le liant à Smiapa étant prononcée, c’est la justice qui doit prendre sous sa responsabilité la récupération du pactole dû. Toutefois, Abdeltif Sedri, dirigeant de Smiapa peut très bien recourir à son tour à la justice et essayer d’avoir gain de cause, comme ce fut le cas le 31 décembre 2002. En effet, Smiapa avait refusé la résiliation du contrat et a saisi le tribunal administratif pour avoir le bénéfice de la reconduction tacite, tout en refusant de se conformer aux nouvelles clauses de l’arrondissement communal. Elle a pu déjà avoir gain de cause en cette période. Dans le nouveau contexte actuel de l’affaire, la dernière action tentée par le dirigeant de Smiapa est la proposition d’un règlement échelonné. «Abdellatif Sedri veut échelonner sa dette vis-à vis de l’arrondissement communal selon ses convenances», informe Hassan Bih. Cette fois-ci les choses se présentent mal pour le dirigeant de Smiapa. Ce dernier se fait déjà absent en ne répondant pas à son portable ! Affaire à suivre.

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